Affichage des articles dont le libellé est festival. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est festival. Afficher tous les articles

mercredi 13 septembre 2023

Festivités grolandaises



Doté d’un jury présidé par l’entarteur Noël Godin, le Fifigrot invite cette année Patrick Bouchitey, Philippe Druillet, Radu Jude...

Comme à son habitude, le Festival international du Film grolandais de Toulouse met à l’affiche des films en avant-première, des raretés et pépites décalées ou à l’humour quelque peu incongru. Cette douzième édition du Fifigrot s’ouvre ainsi avec "les Feuilles mortes" (Prix du jury à Cannes) d’Aki Kaurismäki, projeté deux jours avant sa sortie dans les salles. Le jury prend cette année la forme d’un Con·sulat réunissant le Premier Con·sul Noël Godin (célèbre terroriste crémier), la dessinatrice Nine Antico, l’acteur et réalisateur Patrick Bouchitey.

Ce triumvirat de choc sera chargé de décerner l’Amphore d’or du film le plus grolandais pioché dans la compétition comptant dix longs métrages. Cette sélection de films permettra de découvrir les dernières œuvres de Bill Plympton ("Duel à Monte Carlo del Norte"), Yolande Moreau ("La Fiancée du poète"), Rolf de Heer ("The Survival of Kindness"), etc. Le public est invité à décerner son prix parmi ces films «d’esprit grolandais», et un jury constitué d’étudiants de l’Ensav attribuera le sien, sans oublier le fameux Prix Michael Kael, ainsi qu’une nouvelle distinction remise par un jury de jeunes gens. Comme chaque année, projections de courts et longs inédits, documentaires, concerts, spectacles, expositions, rencontres littéraires, débat, etc. sont au menu du Fifigrot.

Des ouvrages de critique sociale, joyeuses, impertinentes concourent également pour le Gro Prix de littérature grolandaise. Parmi les invités, on attend Philippe Druillet, dont les affiches pour le cinéma seront exposées à l’ABC, ou encore le réalisateur roumain Radu Jude, dont le nouveau film sera présenté en avant-première. Outre les traditionnelles sections Gro l'Art, Gro Zical (deux ciné-concerts événement), Midnight Movies ou encore Made in Ici, on annonce cette année des sélections ayant pour thèmes «Dans ta bouche», «Jeune cinéma», «Paris Secret», «La campagne en folie», etc. 

On retrouvera la sélection Ciné Bistrot, en partenariat avec le collectif Bar Bars, qui exhibera cinq programmations de courts métrages dans les bistrots de la ville. Installé de nouveau dans l’enceinte du Port Viguerie, le Gro Village accueillera au bord de la Garonne diverses animations grolandaises et autres grolanderies. Clou de cette semaine votive, le samedi après-midi, une grande marche au départ de la place Saint-Pierre précèdera l’élection et l’entartage du Con· de l’année... Enfin, le festival sera précédé de soirées Gro Before, notamment l’avant-première de "Des idées de génie ?", film de Brice Gravelle, à l’American Cosmograph.

Jérôme Gac
"Les Feuilles mortes" © Malla Hukkanen / Sputnik
 

Fifigrot, du lundi 18 au dimanche 24 septembre.

Gro Village, de 16h00 à 23h00 (sauf lundi à partir de 18h00, samedi de 14h00 à minuit, dimanche de 14h00 à 22h00), au Port Viguerie, rue Viguerie, Toulouse. 

Gro Before: "Des idées de génie ?", de B. Gravelle, dimanche 17 septembre, 19h00, à l’American Cosmograph, 24, rue Montardy, Toulouse.

 

lundi 4 octobre 2021

De Berlin à Hollywood


 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Cinémathèque de Toulouse invite cette saison à un voyage de l’Amérique de Chaplin jusqu’à la Hongrie de Béla Tarr.

Cet automne, dans le cadre du festival Cinespaña, la Cinémathèque de Toulouse s’intéresse aux cronocrímenes, des comédies fantastiques ibériques qui, des années quarante à aujourd’hui, se jouent de l’espace-temps. On célèbrera également les vingt ans des studios d’animation TAT – société de production née à Toulouse – et on reverra les films de la Hammer, fameux studio britannique spécialisé dans le fantastique et l’horreur gothique. Les acteurs Frank Sinatra et Dean Martin partageront l’affiche à la fin de l’année, et six films exhiberont plusieurs facettes de la ville de Berlin, dans le cadre de la Semaine franco-allemande.

Un cycle printanier intitulé «Télévision et expérimentation» permettra d’évaluer la place de la recherche et de la création d’un média du futur à la télévision française, des années soixante jusqu’aux années quatre-vingt-dix. Le cinéma algérien sera célébré, à l'occasion des soixante ans de l'indépendance de l'Algérie, et des films syriens tournés au cours des dix dernières années témoigneront d’un pays en guerre. Deux programmations s’intéresseront au huis clos et à la maxrploitation (ou comment le film d’horreur s’est approprié la lutte des classes). Des cinéastes seront à l’honneur, avec des rétrospectives dédiées aux Américains Charlie Chaplin (photo) et Brian de Palma, aux Français Jean-Denis Bonan, Charlotte Silvera et Claire Denis, au Hongrois Béla Tarr, à l’Italien Roberto Rossellini, à l’Argentin Matías Piñeiro, au Chilien Patricio Guzmán. 

Annoncée à l’automne, la cinquième édition du festival Histoires de Cinéma est centrée sur le réemploi des images, ou l’art de faire des films sans caméra, en reprenant à son compte des images tournées par d’autres : du documentaire au cinéma expérimental, en passant par le cinéma d’exploitation, entre objectif politique et volonté comique, sans oublier ses saignées poétiques, à l’heure de la profusion des images. Quant à l’équipe d’Extrême Cinéma, elle prépare la vingt-deuxième édition du festival incorrect de la Cinémathèque de Toulouse, avec sa dose habituelle de Cinéma Bis, films d’exploitation, blockbusters déviants et autres films cultes ou totalement oubliés… mauvais goût assuré ! À l’approche des fêtes de fin d’année, un festival dédié au jeune public propose trois jours d’ateliers, de séances accompagnées et de rencontres.

Le fil rouge de la saison des ciné-concerts rassemble des films de Mary Pickford et de Douglas Fairbanks, couple mythique d’acteurs du cinéma muet et fondateurs, avec Chaplin et Griffith (photo), de la United Artists (société de production et de diffusion) leur garantissant une indépendance artistique et financière au sein du système hollywoodien. «Icônes du celluloïd et du papier glacé, en quinze ans de vie commune, ils n’auront véritablement joué ensemble que dans un seul film – un film parlant ("La Mégère apprivoisée", 1929) qui trahissait le déclin de leur idylle», raconte Franck Lubet, responsable de la programmation.

Dans le hall de la salle de la rue du Taur, cinq expositions se succèderont au fil des mois: les coulisses du studio d’animation TAT, pour débuter la saison ; les regards (recadrages, coloriages, détournements, etc.) portés par les artistes Hélène Bellenger et Estefanía Peñafiel Loaiza sur les collections de la Cinémathèque ; des portraits de stars et des photos de tournage signés Léo et Yves Mirkine ; les sorcières au cinéma ; l’affichiste Yves Thos, durant l’été.

Jérôme Gac
photo: Mary Pickford, DW Griffith, Charles Chaplin, Douglas Fairbanks

 
«Cronocrímenes, comédies fantastiques & autres mondes parallèles», dans le cadre de Cinespaña, jusqu'au 10 octobre ;
«Roberto Rossellini», du 12 octobre au 10 novembre ;
«Hammer», du 12 octobre au 10 novembre ;
«Berlin, portrait d’une ville», du 14 octobre au 4 novembre ;
Festival Histoires de Cinéma, du 12 au 21 novembre.

À la Cinémathèque de Toulouse, 69, rue du Taur, Toulouse.
Tél. 05 62 30 30 10.

 

dimanche 13 septembre 2020

Du côté de Groland


 

 

 

 

 

 

 

 

 


La neuvième édition du Festival international du Film grolandais de Toulouse regarde vers le(s) «Monde(s) d’après», et invite Blanche Gardin, Laurent Lafitte, Jan Kounen, Jacques Barbéri, etc.

Projections de courts et longs inédits, documentaires, concerts, théâtre, performances, expositions, rencontres littéraires sont chaque année au menu du Festival international du Film grolandais de Toulouse. Pour cette édition du Fifigrot, qualifiée de «Mini» par les organisateurs de l’association À Côté car un poil plus light que de coutume en raison des incertitudes liées à l'épidémie, les invités et les grosses fêtes seront moins nombreux, mais les films en avant-première, les raretés et pépites décalées, les satires sociales ou à l’humour déjanté seront bien au rendez-vous.

L’Amphore d’or du film le plus grolandais pioché dans la compétition sera décernée par l'humoriste Blanche Gardin – qui est à l'affiche de "Effacer l'historique", nouvel opus du duo grolandais Benoit Delépine et Gustave Kervern. Comme toujours, le public sera invité à décerner son prix parmi ces films «d’esprit grolandais», ainsi qu’un jury constitué d’étudiants, sans oublier le fameux prix Michael Kael. La compétition des longs métrages réunit notamment les nouveaux films de Quentin Dupieux et de Roy Anderson, ou encore "l'Origine du monde" (photo) de l'acteur Laurent Lafitte – avec Karin Viard, Vincent Macaigne, Nicole Garcia et Hélène Vincent. Plusieurs ouvrages concourent également pour le Gro Prix de littérature grolandaise.

Côté avant-premières, on verra en plein air "Lux Æterna" de Gaspard Noé, au Port Viguerie, et "Mon cousin" de Jan Kounen, qui présentera également ses courts métrages ainsi qu'une carte blanche à la Cinémathèque de Toulouse. Outre les traditionnelles sections Made in Ici, Gro Zical, Grolandais de l'Année ou Midnight Movies, une soirée insolite exhibera à l'ABC deux films érotico-surréalistes puisés dans la collection déviante d'Emmanuel Rossi.

Actualité oblige, cette édition sera placée sous le signe de la thématique «Monde(s) d’après», l'occasion de voir les œuvres de cinéastes (fictions et documentaires) consacrées à ceux qui ont imaginé d’autres manières de vivre – avec bien sûr un regard incisif – ainsi que ceux qui questionnent notre présent et ses excès. Cette programmation futuriste sera notamment l’occasion pour l’auteur de science-fiction Jacques Barbéri de présenter une carte blanche, le temps d’une soirée et de deux films.

En partenariat avec le collectif Bar Bars, la traditionnelle programmation Ciné Bistrot est cette année réduite à une seule soirée de courts métrages projetés au Taquin. Installé dans l'enceinte du Port Viguerie, le Gro Village accueillera évidemment moult animations grolandaises, au bord de la Garonne. Bienvenue au Groland !

Jérôme Gac
 

Fifigrot, du 13 au 20 septembre, à Toulouse ;
Grovillage, du mercredi au samedi, de 14h00 à minuit (mercredi à partir de 18h00), au Port Viguerie
, rue Viguerie, Toulouse.

 

dimanche 29 septembre 2019

Saison rebelle

















Un nouveau voyage autour de la planète cinématographique sur l’écran de La Cinémathèque de Toulouse.
 

Après «Les films qu’il faut avoir vus» en septembre, la saison de la Cinémathèque de Toulouse se poursuit avec un cycle dédié à «L’esprit républicain au cinéma, de la Retirada à nos jours» – dans le cadre du traditionnel partenariat avec le festival Cinespaña. Cet automne, la salle de la rue du Taur s’intéressera également aux adaptations à l’écran des œuvres d’Edgar Poe, puis au fantastique australien – en partenariat avec le Théâtre Garonne – et au cinéma situationniste qui fut un art insurgé essentiellement représenté par Guy Debord – dont on verra l’intégrale des films. Cet hiver, la thématique de l’«Autoportrait / Journal filmé» est annoncée, «Les nouveaux excentrés du cinéma français» (Quentin Dupieux, etc.) seront convoqués, et un cycle printanier permettra d’apprécier diverses représentations des sorcières, suivi d’une programmation consacrée à la rébellion (photo).

Plusieurs cinéastes seront à l’honneur, avec les rétrospectives des films de Jean-Daniel Pollet, François Truffaut, Dino Risi, Arthur Penn, Andreï Kontchalovski, John Cassavetes, Maria Ramos et Satoshi Kon. Et les actrices américaines Bette Davis et Joan Crawford feront l’objet d’une programmation croisée. Si la troisième édition du festival Histoires de Cinéma est annoncée à l’automne, avec cette année notamment le metteur en scène Aurélien Bory, l’équipe d’Extrême Cinéma prépare la vingt-et-unième édition du festival incorrect de la Cinémathèque de Toulouse. Enfin, l’essentiel de la saison des ciné-concerts réunit une programmation de films burlesques américains, et on annonce la création d’un nouveau rendez-vous dédié au jeune public pour trois jours d’ateliers, de séances accompagnées et de rencontres à l’approche des fêtes de fin d’année.


Dans le hall de la salle de la rue du Taur, cinq expositions réalisées à partir des collections de la Cinémathèque de Toulouse accueilleront le public au fil des mois, avec pour débuter Edgar Allan Poe et Georges Méliès, avant de terminer la saison en beauté avec les comédies musicales durant l’été.


Jérôme Gac

photo: "Easy Rider"


«Les films qu’il faut avoir vus», jusqu’au 2 octobre ;
«L’esprit républicain au cinéma, de la Retirada à nos jours», du 5 au 13 octobre ;
Rétrospective Arthur Penn, du 15 octobre au 6 novembre ;
«Edgar Poe, histoires extraordinaires», du 16 octobre au 5 novembre ;
festival Histoires de Cinéma, du 8 au 16 novembre ;
Cinéma situationniste, du 19 novembre au 23 décembre ;
«Fantastique australien : le cri de la nature», du 19 novembre au 7 décembre.


La Cinémathèque de Toulouse
, 69, rue du Taur, Toulouse. Tél. 05 62 30 30 10.


mercredi 11 septembre 2019

Groland Party













La huitième édition du Festival international du Film grolandais de Toulouse invite Jean Dujardin et célèbre les dictateurs.


Projections de courts et longs inédits, documentaires, rétrospectives, théâtre, performances, concerts, rencontres littéraires sont chaque année au menu du Festival international du Film grolandais de Toulouse. Pour cette nouvelle édition du Fifigrot, le huitième jury chargé de remettre l’Amphore d’or du film le plus grolandais pioché dans la compétition sera présidé par l’acteur Jean Dujardin. Il en sera d’ailleurs l’unique membre, ce qui devrait faciliter les délibérations finales pour départager les lauréats. Le public est lui aussi invité à décerner son prix parmi ces films «d’esprit grolandais», ainsi qu’un jury constitué d’étudiants. Plusieurs ouvrages concourent également pour le Gro Prix de littérature grolandaise. 


Cette année, le réalisateur bruxellois Fabrice Du Weltz montrera ses films – dont "Adoration", en avant-première – et sera présent pour une carte blanche, le temps d’une soirée à la Cinémathèque de Toulouse. On verra bien sûr quelques films de Jean Dujardin et ceux du réalisateur Sébastien Marnier, programmations couplées à une carte blanche pour chacun d’entre eux. Les réalisateurs suédois Johannes Nyholm et américain Craig Zahler auront aussi les honneurs d’une mini rétrospective. Un hommage sera rendu à Pierre Desproges à la Cave Poésie et à l’American Cosmograph ; le Goethe Institut projettera "Huit heures ne font pas un jour", une série télévisée de Fassbinder réalisée en 1972 ; Le Théâtre du Radeau sera célébré au Théâtre Garonne, etc.



Outre les traditionnelles sections Made in Ici, Gro l’art ou Gro Zical, plusieurs thématiques seront abordées: «le rien» avec notamment, en avant-première, "Ma nudité ne sert à rien" de Marina de Van ; «lucha libre», une sélection de films militants montrés en avant-première ; un programme «nazis dans le rétro» ; «les dictateurs fous» ; «éloge de l’éthylisme»... En écho à une exposition installée au musée des Abattoirs, une soirée à l’ABC sera dédiée au genre mondo, ces films d’exploitation à caractère violent ou sexuel qui ont fleuri dans les sixties jusqu’aux eighties. En préambule aux festivités, on se plongera à Mix'Art Myrys dans l’univers des mythiques Drive In des années cinquante, avec une sélection de courts-métrages, des pépites piochées dans chacune des thématiques de cette édition. Ce «Gro Before» se poursuivra avec un concert fleuve jusqu’au milieu de la nuit.


En ouverture des festivités, avant la projection du nouveau film d’Elia Suleiman, "It must be Heaven" (photo), une «grande marche grolando-milito-processionnaire» partira de la place du Capitole pour rejoindre le Gro Village. Le 20 septembre, le port Viguerie servira de cadre pour un spectacle de théâtre de rue, suivi de la projection en plein air du "Grand soir", de Benoit Delépine et Gustave Kervern. Le lendemain, si les gilets jaunes le veulent bien, la première ligne de bus grolandaise reliera la place Jeanne-d’Arc au cours Dillon, avec à son bord la fine fleur grolandaise et les musiciens de Houba, orchestre symphonique pour punks à chien qui ouvrira ensuite le très attendu Gro Concert du sadi.


Partenaire du festival, le Collectif Culture Bar Bars programme de son côté tout au long de la semaine des projections, des concerts et DJ set dans plusieurs bistrots : Le Taquin, Ô Bout du Pont, La Loupiote, Le Delicatessen, Le Moloko, L’Itinéraire Bis, L’Impro, L’Autruche, Le Petit London, Breughel L’Ancien. Installé dans la cour de l’Ensav, le Gro Village accueillera chaque soir moult animations grolandaises. Bienvenue au Groland !


Jérôme Gac


Fifigrot, du 16 au 22 septembre ;
Grovillage, à l’Ensav
, 56, rue du Taur, Toulouse.


«Gro Before», samedi 14 septembre, 19h30, à Mix'Art Myrys,
12, rue Ferdinand-Lassalle, Toulouse. Tél. 05 62 72 17 08.


mercredi 6 février 2019

Itinéraire bis




 











Pluie d’invités pour la vingtième édition d’Extrême Cinéma, festival incorrect de la Cinémathèque de Toulouse.
 

Concocté par la Cinémathèque de Toulouse, Extrême Cinéma est le rendez-vous annuel des amateurs de cinéma bis. Du ciné-concert d’ouverture à la longue nuit de clôture, le festival invite à une semaine de cinéma turbulent et incorrect, pour une virée en eaux troubles aux marges de l’histoire officielle du septième art. Films maudits du patrimoine et classiques atypiques constituent le menu de cette manifestation qui célèbre le cinéma différent, et qui prit la suite en 1998 d’une séance hebdomadaire et nocturne dite Les Faubourgs du Cinéma. Après une cuvée 2018 perturbée par l’irruption de féministes radicalisées et remontées contre la présence de Brigitte Lahaie lors d’une rencontre de l’actrice avec le public, cette vingtième édition s’annonce plus studieuse. Les fanzines seront en effet à l’honneur, avec une exposition et une table ronde pour réfléchir à l’histoire, l’évolution, les genres, la réception et l’avenir de ces publications.

Des cartes blanches sont confiées à Christophe Bier, spécialiste du porno, au journaliste et écrivain Laurent Hellebé, à Didier Lefèvre, créateur du fanzine Médusa, à l’acteur Lou Castel, à Jean-François Rauger, critique et directeur de la programmation de la Cinémathèque française, etc. Outre moult animations musicales et burlesques dans le hall de la Cinémathèque, la sélection «double programme» permettra de revoir notamment deux films de William Friedkin et de Bigas Luna, ou encore des «perles de la Gaumont». Toujours interdite au moins de 18 ans, la traditionnelle nuit de clôture célèbrera les eighties avec la projection de quatre longs métrages ("Christine" de John Carpenter, "Les Griffes de la nuit" de Wes Craven, etc.), des courts, des bandes-annonces, un ciné-concert, de sacrées surprises et la remise du prix du meilleur court métrage Extrême décerné par un jury d’étudiants toulousains.


Jérôme Gac

"Cry Baby" © collections La Cinémathèque de Toulouse



Du 8 au 16 février, à la Cinémathèque de Toulouse

69, rue du Taur, Toulouse. Tél. 05 62 30 30 11.

mercredi 7 novembre 2018

C’est leurs choix




 









La deuxième édition du festival Histoires de Cinéma invite à la Cinémathèque de Toulouse Claude Lévêque, Maylis de Kerangal, Claire Atherton, Maud Nelissen, le MoMA de New York, etc.
 

Nouveau festival de la Cinémathèque de Toulouse, Histoires de Cinéma s’attache à raconter le cinéma à travers les récits de cinq personnalités invitées à présenter leur sélection de films. «Parce que mettre des films ensemble, qui se prolongent, qui se répondent, qui se télescopent, c’est dire quelque chose. Quelque chose du cinéma et quelque chose du monde dans lequel on vit», assure Franck Lubet, responsable de la programmation de la Cinémathèque de Toulouse.

Histoires de Cinéma s’attache à mettre en lumière le patrimoine cinématographique par le biais de cartes blanches confiées à des professionnels du cinéma, mais pas seulement puisqu’on attend pour cette deuxième édition la visite du plasticien Claude Lévêque et de l’écrivaine Maylis de Kerangal, aux côtés de la monteuse Claire Atherton. Compositrice néerlandaise, Maud Nelissen accompagnera au piano trois longs métrages, dont le film d’ouverture et "la Passion de Jeanne d’Arc", de Carl T. Dreyer. L’archive conviée cette année est le prestigieux MoMA de New York, qui présentera son travail de restauration récemment effectué sur son fonds William Fox du début des années trente.


Jérôme Gac

"La Passion de Jeanne d’Arc" © Gaumont
 


Histoires de Cinéma, du 9 au 17 novembre, à la Cinémathèque de Toulouse,
69, rue du Taur, Toulouse. Tél. 05 62 30 30 10.


jeudi 27 septembre 2018

Tous les cinémas du monde



 













La Cinémathèque de Toulouse propose cette saison un grand voyage autour de la planète cinématographique.
 

La rentrée de la Cinémathèque de Toulouse est désormais placée sous le signe de la cinéphilie avec le retour annoncé chaque année du cycle «Les films qu’il faut avoir vus». Soit une sélection de dix-neuf longs métrages pour, en ce début de saison, «reposer quelques repères sur la carte du cinéma. Des films jalons, qui ont marqué leur époque, qui appartiennent à un tournant de l’histoire du cinéma, esthétique, technique… Pour cette présente saison, et malgré le côté patchwork de la proposition à première vue, un axe principal se dégage : le passage du cinéma à la modernité. Modernité de l’écriture qui bascule, avec les années atomiques, dans son rapport au monde et à la communicabilité, et qui touche, dans un réalisme renouvelé, à l’abstraction des idées», annonce Franck Lubet, responsable de la programmation de l’archive toulousaine.

La saison se poursuivra sur des teintes ibériques, avec l’invitation faite au réalisateur espagnol Álex de la Iglesia pour une rétrospective et une carte blanche, dans le cadre du festival Cinespaña, puis avec un week-end dédié aux films du Catalan Albert Serra, en sa présence. Après Dario Argento cet automne, un cycle dédié au western spaghetti sera à l’affiche cet hiver. Cinéastes atypiques, l’Allemande Ulrike Ottinger et le Français – d’origine américaine – Eugène Green viendront présenter leurs films. Dans le cadre de la saison France-Israël, quatre cinémathèques israéliennes (Jérusalem, Tel-Aviv, Holon et Haïfa) et le cinéaste Savi Gabizon présenteront en novembre une programmation de cinéma israélien, puis l’école québécoise du «cinéma direct», qui a révolutionné le cinéma documentaire dès les années cinquante, sera à l’affiche de la salle de la rue du Taur au printemps. 


Le cinéma américain sera à l’honneur avec la projection des films du producteur David O. Selznick (MGM, RKO) avant les fêtes, et ceux d’Anthony Mann et de Spike Lee en fin de saison. On attend en janvier une programmation d’une trentaine de films japonais peu connus, des années vingt à nos jours, avec des films de samouraïs, de yakuzas, de monstres, des comédies populaires et de la comédie musicale, qui sera suivie d’une rétrospective événement dédiée à l’immense Sacha Guitry (photo). Un cycle proposera une immersion passionnante dans «le cinéma colonial français, entre exotisme et propagande», où se côtoieront fictions ("L’Atlantide" de Georg Wilhelm Pabst, "Le Grand Jeu" de Jacques Feyder, "La Bandera" et "Pepe le Moko" de Julien Duvivier,"L’Homme du Niger" de Jacques de Baroncelli, etc.) et documentaires d’époque.


En partenariat avec la Cave Poésie, l’archive toulousaine confrontera les adaptations à l’écran d’œuvres de Georges Bernanos, et l’acteur Denis Lavant évoquera ses rôles emblématiques à l’occasion de la projection de ses films. Côté festivals faits maison, la deuxième édition d’Histoires de Cinéma est annoncée à l’automne avec des cartes blanches confiées à plusieurs artistes (la pianiste et compositrice Maud Nelissen, la monteuse Claire Atherton, l’écrivaine Maylis de Kerangal, le plasticien Claude Lévêque), et l’équipe d’Extrême Cinéma prépare la vingtième édition du rendez-vous incorrect de la Cinémathèque de Toulouse. Enfin, l’essentiel de la saison des ciné-concerts réunit, sous l’intitulé «Femmes à la caméra», des pionnières du cinéma muet, dont Germaine Dulac, Alice Guy, Lois Weber, Musidora.
 

Jérôme Gac
 


«Les films qu’il faut avoir vus», jusqu’au 3 octobre ;
Álex de la Iglesia, du 5 au 14 octobre ;
«Le cinéma colonial français», du 16 octobre au 7 novembre ;
Dario Argento, du 18 octobre au 7 novembre ;
Albert Serra, du 19 au 20 octobre ;
Festival Histoires de Cinéma, du 9 au 17 novembre.

 

La Cinémathèque de Toulouse, 69, rue du Taur, Toulouse. Tél. : 05 62 30 30 11.

jeudi 8 février 2018

Lahaie d’honneur

















Brigitte Lahaie, Mademoiselle Kat, Jean-Pierre Bouyxou sont conviés au festival Extrême Cinéma, rendez-vous incorrect et indispensable de la Cinémathèque de Toulouse.


Concocté depuis deux décennies par la Cinémathèque de Toulouse, Extrême Cinéma est le rendez-vous annuel des amateurs de cinéma bis. Du ciné-concert d’ouverture à la longue nuit de clôture, le festival invite à une semaine de cinéma turbulent et incorrect, pour une virée en eaux troubles, aux marges de l’histoire officielle du septième art. Films maudits du patrimoine et classiques atypiques constituent le menu de cette manifestation qui célèbre le cinéma différent autant que les artistes mal aimés. 


Cette dix-neuvième édition donne carte blanche à quatre invités : l’artiste Mademoiselle Kat qui exposera également ses œuvres dans le hall de la Cinémathèque de Toulouse, Julien Bodivit, directeur artistique du Lausanne Underground Film Festival (LUFF), le journaliste et réalisateur Jean-Pierre Bouyxou, et Brigitte Lahaie. Icône de la pornographie française et égérie du cinéaste Jean Rollin, l’actrice devenue animatrice de radio rencontrera à cette occasion le public toulousain. Elle sera notamment présente lors de la nuit de clôture qui s’ouvrira par la projection des "Raisins de la mort".(photo)

Dans les colonnes de la revue Sortie de Secours, Brigitte Lahaie se souvenait en ces termes de sa rencontre avec le réalisateur: «Jean Rollin à cette époque tournait sous un pseudonyme des films pornographiques. J’ai tourné avec lui un de ces films pornographiques, et il a été je crois assez subjugué par ma présence. À la fin de ce tournage il m’avait dit “je vous rappellerai pour tourner dans un film traditionnel”. Bon, je reconnais qu’à l’époque je m’étais dit “oui c’est ça...”. En fait il m’envoyait de temps en temps une carte postale pour dire qu’il ne m’oubliait pas, et un jour il m’a contacté  pour le premier film qu’on a fait ensemble, "les Raisins de la mort". Ensuite il y a eu sans doute un de mes films préférés, "Fascination". Et puis "la Nuit des traquées", et ensuite deux autres films mais dans lesquels j’avais des plus petits rôles, "la Fiancée de Dracula" et "les Deux orphelines vampires". [...] C’est curieux parce qu’à l’époque je n’avais pas la sensation de la responsabilité que me donnais Jean. En plus il n’est pas un directeur d’acteur. C’est un metteur en scène qui mérite ce nom-là parce qu’il a son univers. Il a précisément dans la tête ce qu’il a envie de mettre sur l’écran. Mais il ne dirige pas les acteurs. On se sentait un peu perdu», racontait-elle en 2010.


Le cinéaste japonais Seijun Suzuki est à l’honneur avec deux films incontournables sortis dans les années soixante : "La Barrière de chair" et "la Jeunesse de la bête". Côté doubles programmes, un film de Russ Meyer est associé à "Spring Breakers" d’Harmony Korine autour du thème «Gang de filles», "Freaks" de Tod Browning croise "le Charlatan" d’Edmund Goulding pour «Arrête ton cirque», et "l’Expérience" d’Oliver Hirschbiegel fait écho à "Animal Factory" de Steve Buscemi pour «Basic instincts». Interdite au moins de 18 ans, la nuit de clôture affiche quatre longs métrages, des courts, des bandes-annonces, un ciné-concert, des surprises et la remise du prix du meilleur court métrage Extrême décerné par un jury d’étudiants toulousains.


Jérôme Gac


Du 9 au 17 février, à la Cinémathèque de Toulouse,
69, rue du Taur, Toulouse. Tél. : 05 62 30 30 11.


mercredi 1 novembre 2017

Cartes blanches


















Nouveau festival de la Cinémathèque de Toulouse, Histoires de Cinéma invite Caroline Champetier, Bruno Coulais, Régis Debray, Rémy Julienne, Yannick Haenel, etc.


Nouveau festival de la Cinémathèque de Toulouse, Histoires de Cinéma s’attache à raconter le cinéma à travers les récits de cinq personnalités invitées à présenter leur sélection de films. Une manière de mettre en lumière le patrimoine cinématographique par le biais de cartes blanches confiées à des professionnels du cinéma, mais pas seulement puisqu’on attend la visite du philosophe Régis Debray. Plaçant son dernier roman ("Tiens ferme ta couronne") sous le signe du cinéma, notamment de Michael Cimino (photo), l’écrivain Yannick Haenel est aussi attendu pour «une programmation de films qui s’inscrit dans le prolongement de son dernier roman», explique Franck Lubet, responsable de la programmation de la Cinémathèque de Toulouse. 


Réalisateurs et acteurs étant exclus des festivités, c’est l’occasion de convier des personnalités moins exposées, mais néanmoins très reconnues pour leur talent : la directrice de la photo Caroline Champetier, le compositeur Bruno Coulais et le célèbre cascadeur Rémy Julienne. La Cinémathèque de Toulouse invite également la Cinemateca Portuguesa qui présentera quelques pépites puisées dans ses archives. Invité exceptionnel, après la rétrospective qui lui fut consacrée au printemps, le documentariste américain Frederick Wiseman rencontrera le public toulousain, à l’occasion de la sortie de son nouveau film "Ex Libris, The New York Public Librairy" – à l’affiche de l’American Cosmograph

En ouverture du festival, Neil Brand accompagnera au piano "Un cri dans le métro" (Underground), deuxième film d’Anthony Asquith qui met en scène un électricien et un porteur de bagages du métro londonien tombant amoureux de la même femme, employée d’un grand magasin. «Neil Brand, le grand compositeur anglais spécialisé dans l’accompagnement de films muets, nous a fait part de son goût pour la comédie et du plaisir qu’il aurait d’accompagner une séance de courts comiques. Un plaisir partagé qui ne se refuse pas. Aussi lui avons-nous proposé une séance de comédies muettes françaises, suivie d’un échange avec Michel Lehmann, autre spécialiste de l’accompagnement musical du muet», précise Franck Lubet.

Jérôme Gac

"La Porte du paradis" © collections La Cinémathèque de Toulouse


Du 3 au 11 novembre, à la Cinémathèque de Toulouse,
69, rue du Taur, Toulouse. Tél. : 05 62 30 30 11.


vendredi 8 septembre 2017

En attendant l’apocalypse


















Après des hommages rendus à Louis Delluc, Sergueï M. Eisenstein, Danielle Darrieux, Henri-Georges Clouzot, Costa-Gavras ou Samuel Fuller, la saison de la Cinémathèque de Toulouse s’achèvera avec les films de Francis Ford Coppola.


Si la saison de la Cinémathèque de Toulouse s’ouvre sur «Les films qu’il faut avoir vus», elle se poursuivra dans l’underground avec les œuvres du cinéaste anglais Derek Jarman, mort des suites du sida en 1994. La salle de la rue du Taur contribuera cet automne au centenaire de la Révolution russe en projetant cinq films commémoratifs produits par l’Union soviétique : quatre d’entre eux le furent pour le dixième anniversaire ("Octobre" d’Eisenstein, "La Fin de Saint-Pétersbourg" de Poudovkine, "La Chute de la dynastie des Romanov" d’Esther Choub, "Moscou en octobre" de Boris Barnet), et "Lénine en octobre" de Mikhaïl Romm pour le vingtième anniversaire, en 1937. Sergueï M. Eisenstein sera d’ailleurs à l’honneur avec une rétrospective au début de l’année, après Henri-Georges Clouzot à l’automne. 


Avant les fêtes, la Cinémathèque de Toulouse célèbrera le centième anniversaire de l’exquise Danielle Darrieux (photo), avant un hommage à Costa-Gavras, en sa présence. Au printemps, le cinéma militant sera à l’affiche, ainsi que les films du groupe Zanzibar, ce collectif d’artistes d’avant-garde et de cinéastes (Philippe Garrel, Jackie Raynal, etc.), actif à la fin des années soixante. Le cinéaste finlandais Aki Kaurismaki est attendu à Toulouse à l’occasion de la rétrospective qui lui sera consacrée au printemps. Deux cinéastes américains seront aussi à l’honneur cette saison: Samuel Fuller au cours de l’hiver, puis Francis Ford Coppola avant l’été. L’archive toulousaine s’intéressera également à Nollywood, à savoir le cinéma nigérien qui produit désormais chaque année, en vidéo, davantage de films qu’Hollywood. 

Deux thématiques interrogeront le cinéma : on se demandera «Qu’est-ce que le cinéma ?», et il sera question de «Je double et double jeu» ou comment jouer «sur les effets de ressemblance et la mise en scène du double, du mimétisme à la duplicité, de la dualité à l’unicité», précise Franck Lubet, responsable de la programmation. Si Extrême Cinéma poursuit sa route avec une dix-neuvième édition en préparation, le festival Histoires de Cinéma fera son apparition en novembre prochain. Cette nouvelle manifestation prend la place du festival Zoom Arrière avec l’objectif de mettre en lumière le patrimoine cinématographique par le biais de cartes blanches confiées à des invités. La Cinémathèque de Toulouse accueillera ainsi cette année la directrice de la photographie Caroline Champetier, le compositeur Bruno Coulais, les écrivains Yannick Haenel et Régis Debray, le cascadeur Rémy Julienne.

Enfin, Louis Delluc - l’inventeur du terme «cinéaste» - sera le fil rouge de la riche saison de ciné-concerts. Comme l’assure Franck Lubet, «à une époque où le cinéma était encore méprisé, Louis Delluc lui a donné ses lettres de noblesse. D’abord par la plume, créant une véritable ligne critique, puis derrière la caméra, impulsant la première avant-garde française, l’impressionnisme, aux côtés de Gance, Dulac, Epstein, L’Herbier et Clair. Le tout sur une période très courte, de 1917 à sa mort prématurée en 1924. Il faut revoir ses films d’une prophétique modernité. Par la sobriété du jeu et l’utilisation des décors naturels. Dans sa manière de saisir l’invisible, les sentiments, à travers la composition de ses plans. Louis Delluc croit en l’image et travaille ses cadres pour en faire le principal vecteur d’expression. Sous sa plume, le cinéma est sorti de sa chrysalide. Sous sa caméra, il a pris un nouvel envol. Maudits comme on dit des poètes, ses films ont subi l’emprise du temps. En reste cinq des sept qu’il a réalisés. Restaurés, nous pourrons les redécouvrir en regard de quatre films américains majeurs sur lesquels il a écrit.»


Jérôme Gac


«Les films qu’il faut avoir vus», du 12 au 27 septembre,
«Je double et double jeu», du 11 au 31 octobre,
«Octobre 17», du 14 au 27 octobre.


Présentation de la saison, jeudi 14 septembre, 18h00,
à la Cinémathèque de Toulouse
, 69, rue du Taur, Toulouse.
Tél. : 05 62 30 30 11.


mercredi 1 février 2017

Sex addict














Le festival Des Images aux Mots invite le cinéaste canadien Bruce LaBruce à l’occasion d’une rétrospective à la Cinémathèque de Toulouse.
 

Subversive et underground, surfant sur le porno et le loufoque, l’œuvre cinématographique de Bruce LaBruce s’est épanouie durant les 90’s, en pleine vague queer. En France, il doit à Jack Lang sa consécration médiatique lorsque ce dernier demande à la ministre de la culture de l’époque (Catherine Trautmann) de «désixer» son troisième long métrage, "Hustler White" (photo) - classé X par la commission de censure en 1997. Le cinéaste s’y met en scène dans le rôle d’un écrivain amoureux, en quête d’un prostitué arpentant les trottoirs de Santa Monica Boulevard, à Los Angeles, prétexte à un panorama de pratiques sexuelles aussi trashes que rocambolesques dans les sex-clubs gays les plus reculés de la Cité des anges. 

«Mes parents étaient des fermiers assez réacs, et aujourd’hui encore ils vivent coupés du monde, sans Internet. J’ai grandi pendant les années 70 en tant que gay dans un monde très dur, où je ne pouvais pas assumer mon homosexualité. C’est à cette époque que j’ai fait la première fois l’expérience de la répression, et j’ai commencé à développer une haine contre les normes, les conventions, tout ce qui nous empêche. […] Je me sentais complètement étranger à la culture gay telle qu’elle évoluait dans les années 80 ; je la trouvais beaucoup trop bourgeoise, trop mainstream. Et je ne supportais pas non plus les punks, qui avaient pour la plupart des comportements très homophobes. […] J’ai toujours eu horreur de la technique au cinéma, donc je suis parti de rien avec une petite caméra et j’ai tourné mes premiers courts-métrages très axés sur le cul. Je voulais filmer une sexualité masculine hardcore : c’était ma revanche contre les années d’oppression que j’avais eu à subir», raconte Bruce LaBruce.(1)


Photographe évoluant dans le milieu du porno, il finit par tourner en 1999 un porno gay ("Skin Flick") pour une firme berlinoise spécialisée. Dix ans plus tard, il engage le Français François Sagat, star internationale du porno gay, pour le rôle d’un zombie dans le très sexué "L. A. Zombie". Surprenant, son dernier film sorti en salles, "Gerontophilia", est une merveille d’épure et de sensibilité qui montre comment un garçon de dix-huit ans tombe amoureux d’un homme de quatre-vingt-deux ans. 


«J’en avais marre de m’adresser toujours à la même catégorie de spectateurs. Tu finis par te sentir vraiment déconnecté du monde. "Gerontophilia" a été un bon challenge dans ce sens: je voulais rester fidèle à ma pensée, faire un film qui me ressemble, mais dans une économie et un style qui soient beaucoup plus accessibles… […] C’est naïf de penser que l’on peut viser un plus large public et rester underground. Je sais qu’on me demandera un jour de choisir», constate le cinéaste qui rencontrera le public de La Cinémathèque de Toulouse, à l'invitation du festival Des Images aux Mots.

Jérôme Gac


(1) Les Inrocks (26/03/2014)


Rétrospective, du 7 au 11 février, à la Cinémathèque de Toulouse,
69, rue du Taur, Toulouse. Tél. : 05 62 30 30 11.


Festival Des Images aux Mots, du 6 au 12 février, à Toulouse,
du 20 au 26 février, en région
.