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lundi 4 octobre 2021

De Berlin à Hollywood


 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Cinémathèque de Toulouse invite cette saison à un voyage de l’Amérique de Chaplin jusqu’à la Hongrie de Béla Tarr.

Cet automne, dans le cadre du festival Cinespaña, la Cinémathèque de Toulouse s’intéresse aux cronocrímenes, des comédies fantastiques ibériques qui, des années quarante à aujourd’hui, se jouent de l’espace-temps. On célèbrera également les vingt ans des studios d’animation TAT – société de production née à Toulouse – et on reverra les films de la Hammer, fameux studio britannique spécialisé dans le fantastique et l’horreur gothique. Les acteurs Frank Sinatra et Dean Martin partageront l’affiche à la fin de l’année, et six films exhiberont plusieurs facettes de la ville de Berlin, dans le cadre de la Semaine franco-allemande.

Un cycle printanier intitulé «Télévision et expérimentation» permettra d’évaluer la place de la recherche et de la création d’un média du futur à la télévision française, des années soixante jusqu’aux années quatre-vingt-dix. Le cinéma algérien sera célébré, à l'occasion des soixante ans de l'indépendance de l'Algérie, et des films syriens tournés au cours des dix dernières années témoigneront d’un pays en guerre. Deux programmations s’intéresseront au huis clos et à la maxrploitation (ou comment le film d’horreur s’est approprié la lutte des classes). Des cinéastes seront à l’honneur, avec des rétrospectives dédiées aux Américains Charlie Chaplin (photo) et Brian de Palma, aux Français Jean-Denis Bonan, Charlotte Silvera et Claire Denis, au Hongrois Béla Tarr, à l’Italien Roberto Rossellini, à l’Argentin Matías Piñeiro, au Chilien Patricio Guzmán. 

Annoncée à l’automne, la cinquième édition du festival Histoires de Cinéma est centrée sur le réemploi des images, ou l’art de faire des films sans caméra, en reprenant à son compte des images tournées par d’autres : du documentaire au cinéma expérimental, en passant par le cinéma d’exploitation, entre objectif politique et volonté comique, sans oublier ses saignées poétiques, à l’heure de la profusion des images. Quant à l’équipe d’Extrême Cinéma, elle prépare la vingt-deuxième édition du festival incorrect de la Cinémathèque de Toulouse, avec sa dose habituelle de Cinéma Bis, films d’exploitation, blockbusters déviants et autres films cultes ou totalement oubliés… mauvais goût assuré ! À l’approche des fêtes de fin d’année, un festival dédié au jeune public propose trois jours d’ateliers, de séances accompagnées et de rencontres.

Le fil rouge de la saison des ciné-concerts rassemble des films de Mary Pickford et de Douglas Fairbanks, couple mythique d’acteurs du cinéma muet et fondateurs, avec Chaplin et Griffith (photo), de la United Artists (société de production et de diffusion) leur garantissant une indépendance artistique et financière au sein du système hollywoodien. «Icônes du celluloïd et du papier glacé, en quinze ans de vie commune, ils n’auront véritablement joué ensemble que dans un seul film – un film parlant ("La Mégère apprivoisée", 1929) qui trahissait le déclin de leur idylle», raconte Franck Lubet, responsable de la programmation.

Dans le hall de la salle de la rue du Taur, cinq expositions se succèderont au fil des mois: les coulisses du studio d’animation TAT, pour débuter la saison ; les regards (recadrages, coloriages, détournements, etc.) portés par les artistes Hélène Bellenger et Estefanía Peñafiel Loaiza sur les collections de la Cinémathèque ; des portraits de stars et des photos de tournage signés Léo et Yves Mirkine ; les sorcières au cinéma ; l’affichiste Yves Thos, durant l’été.

Jérôme Gac
photo: Mary Pickford, DW Griffith, Charles Chaplin, Douglas Fairbanks

 
«Cronocrímenes, comédies fantastiques & autres mondes parallèles», dans le cadre de Cinespaña, jusqu'au 10 octobre ;
«Roberto Rossellini», du 12 octobre au 10 novembre ;
«Hammer», du 12 octobre au 10 novembre ;
«Berlin, portrait d’une ville», du 14 octobre au 4 novembre ;
Festival Histoires de Cinéma, du 12 au 21 novembre.

À la Cinémathèque de Toulouse, 69, rue du Taur, Toulouse.
Tél. 05 62 30 30 10.

 

vendredi 7 février 2020

Mauve égout





 











Festival de la Cinémathèque de Toulouse, Extrême Cinéma propose une semaine de cinéma bis et invite notamment Jean-Pierre Dionnet et Éric Cherrière.
 

Concocté par la Cinémathèque de Toulouse depuis vingt-deux ans, Extrême Cinéma est le rendez-vous annuel des amateurs de cinéma bis. Du ciné-concert d’ouverture à la longue nuit de clôture, le festival invite à une semaine de cinéma décalé. Films maudits du patrimoine, classiques atypiques, films culte ou oubliés constituent le menu de cette manifestation dédiée au cinéma différent.
 

Constatant que le cinéma de genre est de nos jours célébré dans les plus prestigieux festivals internationaux, tout en étant très prisé par le public, les organisateurs d’Extrême Cinéma voient dans ce phénomène très récent «une forme de normalisation qui s’installe, déplaçant le champ du choquant. "Le Genou de Claire" d'Éric Rohmer ou "Lolita" de Stanley Kubrick dérangeraient plus aujourd’hui qu’une "Ilsa", louve SS. Car le mauvais genre est déjà ailleurs. Un code Hays nouveau millénaire frappe déjà à la porte (...)».
 

Des cartes blanches sont confiées cette année à Vanessa Morgan, auteure et programmatrice au festival Off Screen de Bruxelles, à l’écrivain Éric Arlix, au plasticien Manuel Pomar, directeur artistique du Lieu-Commun, à la performeuse Marie Savage Slit, et à Jean-Pierre Dionnet, journaliste, scénariste et éditeur de bandes dessinées. Côté avant-premières, Richard Stanley et Éric Cherrière présenteront leur nouveau film, et Jérôme Sage accompagnera "la Volonté du mort" (The Cat and the Canary), de Paul Leni, en ouverture des festivités.
 

Outre moult animations musicales et performatives dans le hall de la Cinémathèque et la traditionnelle séance «Juniors de l'Extrême», on annonce l’exposition "Dangereuses visions" au Lieu-Commun et une soirée «survivalisme» au Muséum de Toulouse. Enfin, toujours interdite au moins de 18 ans, la fameuse nuit de clôture affiche quatre longs métrages, mais aussi des courts, des bandes-annonces, des documents audiovisuels de l’INA, et débutera par la remise du prix du meilleur court métrage Extrême décerné par un jury d’étudiants toulousains.

Jérôme Gac

photo: "Serial Mother"
 


Extrême Cinéma, du 7 au 15 février.
 

À la Cinémathèque de Toulouse, 69, rue du Taur, Toulouse. Tél. 05 62 30 30 10.
Au Muséum de Toulouse, 35, allées Jules-Guesde, Toulouse. Tél. 05 67 73 84 84.
Au Lieu-Commun, 25, rue d’Armagnac, Toulouse. Tél. 05 61 23 80 57.


mercredi 6 février 2019

Itinéraire bis




 











Pluie d’invités pour la vingtième édition d’Extrême Cinéma, festival incorrect de la Cinémathèque de Toulouse.
 

Concocté par la Cinémathèque de Toulouse, Extrême Cinéma est le rendez-vous annuel des amateurs de cinéma bis. Du ciné-concert d’ouverture à la longue nuit de clôture, le festival invite à une semaine de cinéma turbulent et incorrect, pour une virée en eaux troubles aux marges de l’histoire officielle du septième art. Films maudits du patrimoine et classiques atypiques constituent le menu de cette manifestation qui célèbre le cinéma différent, et qui prit la suite en 1998 d’une séance hebdomadaire et nocturne dite Les Faubourgs du Cinéma. Après une cuvée 2018 perturbée par l’irruption de féministes radicalisées et remontées contre la présence de Brigitte Lahaie lors d’une rencontre de l’actrice avec le public, cette vingtième édition s’annonce plus studieuse. Les fanzines seront en effet à l’honneur, avec une exposition et une table ronde pour réfléchir à l’histoire, l’évolution, les genres, la réception et l’avenir de ces publications.

Des cartes blanches sont confiées à Christophe Bier, spécialiste du porno, au journaliste et écrivain Laurent Hellebé, à Didier Lefèvre, créateur du fanzine Médusa, à l’acteur Lou Castel, à Jean-François Rauger, critique et directeur de la programmation de la Cinémathèque française, etc. Outre moult animations musicales et burlesques dans le hall de la Cinémathèque, la sélection «double programme» permettra de revoir notamment deux films de William Friedkin et de Bigas Luna, ou encore des «perles de la Gaumont». Toujours interdite au moins de 18 ans, la traditionnelle nuit de clôture célèbrera les eighties avec la projection de quatre longs métrages ("Christine" de John Carpenter, "Les Griffes de la nuit" de Wes Craven, etc.), des courts, des bandes-annonces, un ciné-concert, de sacrées surprises et la remise du prix du meilleur court métrage Extrême décerné par un jury d’étudiants toulousains.


Jérôme Gac

"Cry Baby" © collections La Cinémathèque de Toulouse



Du 8 au 16 février, à la Cinémathèque de Toulouse

69, rue du Taur, Toulouse. Tél. 05 62 30 30 11.

jeudi 8 février 2018

Lahaie d’honneur

















Brigitte Lahaie, Mademoiselle Kat, Jean-Pierre Bouyxou sont conviés au festival Extrême Cinéma, rendez-vous incorrect et indispensable de la Cinémathèque de Toulouse.


Concocté depuis deux décennies par la Cinémathèque de Toulouse, Extrême Cinéma est le rendez-vous annuel des amateurs de cinéma bis. Du ciné-concert d’ouverture à la longue nuit de clôture, le festival invite à une semaine de cinéma turbulent et incorrect, pour une virée en eaux troubles, aux marges de l’histoire officielle du septième art. Films maudits du patrimoine et classiques atypiques constituent le menu de cette manifestation qui célèbre le cinéma différent autant que les artistes mal aimés. 


Cette dix-neuvième édition donne carte blanche à quatre invités : l’artiste Mademoiselle Kat qui exposera également ses œuvres dans le hall de la Cinémathèque de Toulouse, Julien Bodivit, directeur artistique du Lausanne Underground Film Festival (LUFF), le journaliste et réalisateur Jean-Pierre Bouyxou, et Brigitte Lahaie. Icône de la pornographie française et égérie du cinéaste Jean Rollin, l’actrice devenue animatrice de radio rencontrera à cette occasion le public toulousain. Elle sera notamment présente lors de la nuit de clôture qui s’ouvrira par la projection des "Raisins de la mort".(photo)

Dans les colonnes de la revue Sortie de Secours, Brigitte Lahaie se souvenait en ces termes de sa rencontre avec le réalisateur: «Jean Rollin à cette époque tournait sous un pseudonyme des films pornographiques. J’ai tourné avec lui un de ces films pornographiques, et il a été je crois assez subjugué par ma présence. À la fin de ce tournage il m’avait dit “je vous rappellerai pour tourner dans un film traditionnel”. Bon, je reconnais qu’à l’époque je m’étais dit “oui c’est ça...”. En fait il m’envoyait de temps en temps une carte postale pour dire qu’il ne m’oubliait pas, et un jour il m’a contacté  pour le premier film qu’on a fait ensemble, "les Raisins de la mort". Ensuite il y a eu sans doute un de mes films préférés, "Fascination". Et puis "la Nuit des traquées", et ensuite deux autres films mais dans lesquels j’avais des plus petits rôles, "la Fiancée de Dracula" et "les Deux orphelines vampires". [...] C’est curieux parce qu’à l’époque je n’avais pas la sensation de la responsabilité que me donnais Jean. En plus il n’est pas un directeur d’acteur. C’est un metteur en scène qui mérite ce nom-là parce qu’il a son univers. Il a précisément dans la tête ce qu’il a envie de mettre sur l’écran. Mais il ne dirige pas les acteurs. On se sentait un peu perdu», racontait-elle en 2010.


Le cinéaste japonais Seijun Suzuki est à l’honneur avec deux films incontournables sortis dans les années soixante : "La Barrière de chair" et "la Jeunesse de la bête". Côté doubles programmes, un film de Russ Meyer est associé à "Spring Breakers" d’Harmony Korine autour du thème «Gang de filles», "Freaks" de Tod Browning croise "le Charlatan" d’Edmund Goulding pour «Arrête ton cirque», et "l’Expérience" d’Oliver Hirschbiegel fait écho à "Animal Factory" de Steve Buscemi pour «Basic instincts». Interdite au moins de 18 ans, la nuit de clôture affiche quatre longs métrages, des courts, des bandes-annonces, un ciné-concert, des surprises et la remise du prix du meilleur court métrage Extrême décerné par un jury d’étudiants toulousains.


Jérôme Gac


Du 9 au 17 février, à la Cinémathèque de Toulouse,
69, rue du Taur, Toulouse. Tél. : 05 62 30 30 11.


mercredi 26 octobre 2016

Majorité décadente















Festival très décalé de la Cinémathèque de Toulouse, Extrême Cinéma invite notamment le cinéaste américain Frank Henenlotter.
 

Depuis près de vingt ans, Extrême Cinéma navigue en eaux troubles, aux marges de l’histoire officielle du septième art. Enfant terrible de la Cinémathèque de Toulouse, ce festival insolite se veut infréquentable, s’employant à dénicher les films maudits du patrimoine cinématographique, sans toutefois laisser de côté les classiques les plus atypiques. Flirtant souvent avec un mauvais goût fièrement assumé, Extrême Cinéma se plait ainsi à railler les normes établies à travers des rétrospectives et des rencontres, une longue nuit de clôture et des séances spéciales ou jeune public.
 

Pour sa 18e édition, «Extrême Cinéma invite les arts graphiques et la musique à festoyer avec une sélection d’une trentaine de films. Deux expositions et un concert montés avec l’aide précieuse du Collectif Indélébile, l’association Finger In Ze Noise, les Pavillons Sauvages et le collectif IPN. Tout ceci hors les murs. Juste parce qu’il nous semble que ces propositions participent d’une même culture frondeuse et indépendante», assurent les programmateurs. Un ciné-concert est annoncé pour l'ouverture du festival avec la projection de "Point ne tueras" (High Treason), film muet réalisé en 1929 par Maurice Elvey et découvert en 1960 par la Cinémathèque de Toulouse. Œuvre rare d’une étonnante modernité tant par son discours pacifiste que par son esthétique, ce récit d’anticipation situé en 1995 sera accompagné par le groupe toulousain Bewitched. Interdite aux moins de dix-huit ans, la traditionnelle nuit de clôture débitera huit heures de projection avec des longs et des courts, des bandes-annonces, un ciné-concert assuré par Brame et quelques surprises.
 

Parmi les invités, on attend cette année la visite des réalisateurs Éric Valette et Gabe Bartalos, de l’auteur et dessinateur de bandes dessinées - condamné pour obscénités aux États-Unis - Mike Diana, de l’acteur et producteur Anthony Sneed, de l’acteur et écrivain Mike Hunchback, et de Manon Labry, auteure du livre "Riot Grrrls: chronique d’une révolution punk féministe". Le cinéaste Frank Henenlotter présentera ses six films, la plupart devenues cultes, tournés entre 1982 et 2015. Entre horreur et comédie, cette œuvre constitue un portrait libre et décalé d’une l’Amérique invisible peuplée de marginaux, cinglés, proscrits et autres clandestins d’une société trop normée. «Peu importe si je n’avais pas d’argent pour faire "Basket Case" ("Frères de sang, 1982") ou 1 500 000 dollars pour faire "Frankenhooker" (1990). Les deux ont été éreintants, c’est un travail tellement difficile. Cela reste des films à petit budget, même avec 1 500 000 dollars, et vous devez toujours trouver des solutions pour chaque prise, vous ne pouvez pas être fatigué, vous devez réfléchir tout le temps, résoudre chaque problème qui apparaît. Sur "Chasing Banksy" (2015), pour des raisons que j’ignore, cela a été très fluide tout comme pour "Bad Biology" ("Sex addict", 2008) que j’ai pris beaucoup de plaisir à faire. C’était le premier après une longue période et ça reste peut-être aujourd’hui mon film préféré»(1), avouait Frank Henenlotter en mars dernier.

Jérôme Gac

photo : "Chasing Banksy"


(1) cinemafantastique.net    


Extrême Cinéma, du 28 octobre au 5 novembre, à la Cinémathèque de Toulouse

69, rue du Taur, Toulouse. Tél. : 05 62 30 30 11.