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dimanche 15 septembre 2024

Groland Party


À Toulouse, le Fifigrot invite cette année Laetitia Dosch, Ovidie, Alain Guiraudie, Laurent Melki, etc.

Le jury de la treizième édition du Festival international du Film grolandais de Toulouse sera présidé par les réalisateurs belges Dominique Abel et Fiona Gordon. Il sera chargé de décerner l’Amphore d’or au film le plus grolandais choisi dans la compétition comptant neuf longs métrages, dont le nouveau film d’Alain Guiraudie, "Miséricorde" (photo), avec Catherine Frot et Jean-Baptiste Durand – le réalisateur du césarisé "Chien de la casse". Comme de coutume, le public sera invité à décerner son prix parmi ces films «d’esprit grolandais», et un jury constitué d’étudiants de l’Ensav attribuera le sien, sans oublier le fameux Prix Michael Kael, ainsi qu’un nouveau prix remis par des jeunes gens. 

Comme chaque année, projections de courts et longs inédits, documentaires, concerts, spectacles, expositions, rencontres littéraires, débats, etc. sont au menu du Fifigrot. Côté ciné, des avant-premières, des raretés et pépites décalées ou à l’humour déjanté seront bien au rendez-vous, en particulier "Veni Vidi Vici", film de Daniel Hoesl et Julia Niemann, projeté en ouverture des festivités, qui relate la vie quotidienne d’une famille autrichienne d’ultra riches. Des ouvrages impertinents concourent également pour le Gro Prix de littérature grolandaise, décerné par un jury de dix personnalités et professionnels, parmi lesquels on citera Jean-Marie Laclavetine, Benoît Delépine, Noël Godin, Jean-Pierre Bouyxou, Patrick Raynal, etc.). 

Parmi les invités, on attend le dessinateur et illustrateur Laurent Melki à l'ABC, à l'occasion de l'exposition d'une sélection de jaquettes vidéo imaginées par ce génie du genre, des classiques du fantastique aux séries B les plus improbables. L’actrice Laetitia Dosch présentera son premier film, "le Procès du chien", avec François Damiens, Pierre Deladonchamps, Anne Dorval, Bouli Lanners. Ovidie montrera son documentaire "J’ai tiré sur Andy Warhol", portrait de l’Américaine Valerie Solanas, qui décrypte la personnalité de celle qui a tenté de tuer le pape du pop art. Outre les traditionnelles sections Gro l'Art, Gro Zical, Midnight Movie, Joyaux Grolandais ou encore Made in Ici, on annonce cette année des sélections ayant pour thèmes «Subversion carnavalesque», «Intelligence artificielle vs Connerie naturelle», «For your eyes only», «100% grolandais», etc. 

On retrouvera la sélection Ciné Bistrot, en partenariat avec le collectif Bar Bars, qui exhibera cinq programmations de courts métrages dans les bistrots de la ville. Installé de nouveau dans l’enceinte du Port Viguerie, le Gro Village accueillera au bord de la Garonne diverses animations grolandaises. Clou de cette semaine votive, le samedi après-midi, une grande parade «Crad’narvalesque» traversera la ville, au départ de la place Saint-Pierre. Viendez au Groland !

Jérôme Gac
"Miséricorde" © Les Films du Losange
 

Fifigrot, du 16 au 22 septembre, à Toulouse.

 

lundi 19 septembre 2022

Viendez au Groland !


Le Fifigrot, Festival international du Film grolandais de Toulouse, invite Bouli Lanners et célèbre les 30 ans de Groland.

La «Présipauté» de Groland a vu le jour en 1992, sur Canal +. Ce paradis fiscal limitrophe de la France est le fruit de l’imagination de Jules-Édouard Moustic et de sa bande: Christophe Salengro (1953-2018) à qui la «Présipauté» doit son nom, Benoît Delépine, Gustave de Kervern, Francis Kuntz, etc. Au fil des ans, l’émission épousant la forme d’un journal télévisé connaît un succès croissant et impose un style Groland devenu «une référence humoristique satirique, iconoclaste, utopique et joyeuse». 

Objet d’une véritable mythologie populaire (des autocollants portant la mention «GRD» se multiplient à l’arrière des voitures), le show télé fut alors un prétexte pour la création de diverses manifestations culturelles et votives, dont le Festival de Quend dans la Somme, entre 2005 et 2009, puis le Fifigrot. 

La onzième édition du Festival international du Film grolandais de Toulouse célèbrera donc comme il se doit le trentième anniversaire de Groland, lors d’une grande parade qui traversera le centre-ville en musique. Pour l’occasion, un hommage sera rendu au président Salengro, suivi de la projection de "C’est arrivé près de chez vous". Comme chaque année, projections de courts et longs inédits, documentaires, concerts, théâtre, expositions, rencontres littéraires, etc. sont au menu de cette édition. 

Côté ciné, les films en avant-première, les raretés et pépites décalées ou à l’humour déjanté sont évidemment au rendez-vous. L’Amphore d’or du film le plus grolandais pioché dans la compétition sera décernée par l’acteur Bouli Lanners, qui s’est également vu confier une carte blanche. Le public est invité à décerner son prix parmi ces films «d’esprit grolandais», et un jury constitué d’étudiants de l’Ensav attribuera le sien, sans oublier le fameux Prix Michael Kael.

Parmi les neuf longs métrages en compétition lors de cette édition, on attend notamment les nouveaux films de Jerzy Skolimowski, Ulrich Seidl, Sébastien Marnier, Quentin Dupieux ("Fumer fait tousser", avec Anaïs Demoustier, Gilles Lellouche, Alain Chabat, Benoît Poelvoorde, Vincent Lacoste, etc.). Palme d’or à Cannes, "Sans Filtre" (Triangle of Sadness) de Ruben Östlund sera présenté en clôture des festivités. Neuf ouvrages de critique sociale, joyeuses, impertinentes concourent également pour le Gro Prix de littérature grolandaise.

Outre les traditionnelles sections Gro l'Art, Gro Zical, Midnight Movies ou encore Made in Ici, le Fifigrot affiche cette année une sélection de films sur le thème «Jeunesses enragées», ou encore la présence de Christophe Bier, documentariste, journaliste spécialisé dans les «mauvais genres» et romancier, qui présentera trois films. Quant à la programmation «La Grolandaise est-elle une femme comme les autres?», elle regroupe des expositions, une conférence et des projections. Il s’agira de célébrer aussi les «150 ans de La Pataphysique»: «la Pataphysique étant la colonne vertébrale de la réflexion intellectuelle et de la recherche scientifique Grolandaise», divers événements et rencontres ont été concoctés par l’équipe du Fifigrot, en particulier l’inauguration de la première ligne «Chaise à porteurs’lib» (en partenariat avec Tisséo !).

Installé dans l’enceinte du Port Viguerie, le Gro Village accueille comme de coutume diverses animations grolandaises, au bord de la Garonne, notamment des spectacles, des concerts et des projections de films en plein air. Enfin, la traditionnelle programmation Ciné Bistrot, en partenariat avec le collectif Bar Bars, propose une sélection de courts métrages dans plusieurs bistrots de la ville. Bienvenue au Groland !

Jérôme Gac
"Sans Filtre" © Fredrik Wenzel / Plattform Produktion
 

Fifigrot, du 19 au 25 septembre, à Toulouse et L’Union ;

Grovillage, de 14h00 à 23h00 (sauf lundi à partir de 18h00, samedi de 11h30 à minuit, dimanche de 11h30 à 22h00), au Port Viguerie, rue Viguerie, Toulouse.

 

lundi 20 septembre 2021

Parfum de Groland


 

 

 

 

 

 

 

 

 
La dixième édition du Fifigrot invite la productrice Sylvie Pialat, le comédien Jean-Claude Dreyfus, les réalisateurs Jan Bucquoy, Pascal Rabaté, François Desagnat, Fabrice Éboué, etc.

Projections de courts et longs inédits, documentaires, concerts, théâtre, expositions, rencontres littéraires, etc. sont chaque année au menu du Festival international du Film grolandais de Toulouse. Pour cette dixième édition du Fifigrot, les films en avant-première, les raretés et pépites décalées, les satires sociales ou à l’humour déjanté seront bien au rendez-vous. L’Amphore d’or du film le plus grolandais pioché dans la compétition sera décernée par la productrice Sylvie Pialat, qui s’est également vue confier une carte blanche. Comme toujours, le public sera invité à décerner son prix parmi ces films «d’esprit grolandais», ainsi qu’un jury constitué d’étudiants, sans oublier le fameux Prix Michael Kael. 

La compétition des longs métrages réunit notamment les nouveaux films du Belge Jan Bucquoy et du Russe Kirill Serebrennikov, ou encore "Oranges sanguines" de Jean-Christophe Meurisse, avec Blanche Gardin, Denis Podalydès, Vincent Dedienne, etc. Plusieurs ouvrages concourent également pour le Gro Prix de littérature grolandaise. Outre les traditionnelles sections Gro’zical, Grolandais de l'Année ou Midnight Movies, une programmation d’Ethnologie Grolandaise permettra de «découvrir d’autres pays réels ou imaginaires où les communautés ont, elles aussi, de drôles de pratiques», prévient le célèbre Grolandais Benoît Delépine.

Parmi les événements de cette édition, le comédien Jean-Claude Dreyfus (photo) présentera deux films de sa filmographie et un documentaire retraçant son parcours, des hommages seront rendus aux cinéastes Jacques Baratier et Marco Ferreri, et à l’acteur Jim Carrey. Cinquante ans après son apparition, le support vidéo sera à l’honneur, avec notamment une soirée dédiée à Troma, la plus ancienne société de production indépendante américaine qui a marqué les années VHS. 

Cette dixième édition accueillera les premiers Jeux Grolympiques, annoncés comme les championnats les plus spectaculaires et incongrus de l’Histoire qui verront s’affronter les plus grands athlètes de l’absurde autour de cinq épreuves saugrenues dans l'enceinte du Port Viguerie, où le Gro Village accueillera comme chaque année diverses animations grolandaises, au bord de la Garonne. On retrouvera enfin la traditionnelle programmation Ciné Bistrot, en partenariat avec le collectif Bar Bars, qui propose une sélection de courts métrages dans plusieurs bistrots de la ville. Bienvenue au Groland !

Jérôme Gac
photo: "Delicatessen"


Fifigrot, du 20 au 26 septembre, à Toulouse, Blagnac et L’Union ; 

Grovillage, du mercredi au dimanche, de 14h00 à minuit (mercredi à partir de 18h00, dimanche de 11h30 à 22h30), au Port Viguerie, rue Viguerie, Toulouse.


mercredi 11 septembre 2019

Groland Party













La huitième édition du Festival international du Film grolandais de Toulouse invite Jean Dujardin et célèbre les dictateurs.


Projections de courts et longs inédits, documentaires, rétrospectives, théâtre, performances, concerts, rencontres littéraires sont chaque année au menu du Festival international du Film grolandais de Toulouse. Pour cette nouvelle édition du Fifigrot, le huitième jury chargé de remettre l’Amphore d’or du film le plus grolandais pioché dans la compétition sera présidé par l’acteur Jean Dujardin. Il en sera d’ailleurs l’unique membre, ce qui devrait faciliter les délibérations finales pour départager les lauréats. Le public est lui aussi invité à décerner son prix parmi ces films «d’esprit grolandais», ainsi qu’un jury constitué d’étudiants. Plusieurs ouvrages concourent également pour le Gro Prix de littérature grolandaise. 


Cette année, le réalisateur bruxellois Fabrice Du Weltz montrera ses films – dont "Adoration", en avant-première – et sera présent pour une carte blanche, le temps d’une soirée à la Cinémathèque de Toulouse. On verra bien sûr quelques films de Jean Dujardin et ceux du réalisateur Sébastien Marnier, programmations couplées à une carte blanche pour chacun d’entre eux. Les réalisateurs suédois Johannes Nyholm et américain Craig Zahler auront aussi les honneurs d’une mini rétrospective. Un hommage sera rendu à Pierre Desproges à la Cave Poésie et à l’American Cosmograph ; le Goethe Institut projettera "Huit heures ne font pas un jour", une série télévisée de Fassbinder réalisée en 1972 ; Le Théâtre du Radeau sera célébré au Théâtre Garonne, etc.



Outre les traditionnelles sections Made in Ici, Gro l’art ou Gro Zical, plusieurs thématiques seront abordées: «le rien» avec notamment, en avant-première, "Ma nudité ne sert à rien" de Marina de Van ; «lucha libre», une sélection de films militants montrés en avant-première ; un programme «nazis dans le rétro» ; «les dictateurs fous» ; «éloge de l’éthylisme»... En écho à une exposition installée au musée des Abattoirs, une soirée à l’ABC sera dédiée au genre mondo, ces films d’exploitation à caractère violent ou sexuel qui ont fleuri dans les sixties jusqu’aux eighties. En préambule aux festivités, on se plongera à Mix'Art Myrys dans l’univers des mythiques Drive In des années cinquante, avec une sélection de courts-métrages, des pépites piochées dans chacune des thématiques de cette édition. Ce «Gro Before» se poursuivra avec un concert fleuve jusqu’au milieu de la nuit.


En ouverture des festivités, avant la projection du nouveau film d’Elia Suleiman, "It must be Heaven" (photo), une «grande marche grolando-milito-processionnaire» partira de la place du Capitole pour rejoindre le Gro Village. Le 20 septembre, le port Viguerie servira de cadre pour un spectacle de théâtre de rue, suivi de la projection en plein air du "Grand soir", de Benoit Delépine et Gustave Kervern. Le lendemain, si les gilets jaunes le veulent bien, la première ligne de bus grolandaise reliera la place Jeanne-d’Arc au cours Dillon, avec à son bord la fine fleur grolandaise et les musiciens de Houba, orchestre symphonique pour punks à chien qui ouvrira ensuite le très attendu Gro Concert du sadi.


Partenaire du festival, le Collectif Culture Bar Bars programme de son côté tout au long de la semaine des projections, des concerts et DJ set dans plusieurs bistrots : Le Taquin, Ô Bout du Pont, La Loupiote, Le Delicatessen, Le Moloko, L’Itinéraire Bis, L’Impro, L’Autruche, Le Petit London, Breughel L’Ancien. Installé dans la cour de l’Ensav, le Gro Village accueillera chaque soir moult animations grolandaises. Bienvenue au Groland !


Jérôme Gac


Fifigrot, du 16 au 22 septembre ;
Grovillage, à l’Ensav
, 56, rue du Taur, Toulouse.


«Gro Before», samedi 14 septembre, 19h30, à Mix'Art Myrys,
12, rue Ferdinand-Lassalle, Toulouse. Tél. 05 62 72 17 08.


dimanche 2 septembre 2018

Groland en fête


 












La septième édition du Festival international du Film grolandais de Toulouse rend hommage à Christophe Salengro.

Groland n’aurait pas été Groland sans Salengro. Christophe Salengro est le célèbre président de la «Présipauté» créée pour les besoins d’une émission de Canal + en 1992. Ce pays limitrophe de la France est le fruit de l’imagination de Jules-Édouard Moustic et de sa bande : Salengro lui-même à qui la «Présipauté» doit son nom, Benoît Delépine, Gustave Kervern, Francis Kuntz, etc. Au fil des ans, l’émission épousant la forme d’un journal télévisé connaît un succès croissant et impose un style Groland devenu «une référence humoristique satirique, iconoclaste, utopique et joyeuse». Objet d’une véritable mythologie populaire (des autocollants portant la mention «GRD» fleurissent à l’arrière des voitures), le show télé fut alors un prétexte pour la création de diverses manifestations culturelles et votives, dont le Festival de Quend dans la Somme entre 2005 et 2009, puis le Fifigrot.

La septième édition du Festival international du Film grolandais de Toulouse rendra hommage à Christophe Salengro en projetant des courts métrages lors de la soirée de clôture et par le biais d’une exposition de portraits dessinés par Luc Weissmüler. Décédé en mars dernier, le comédien était devenu l’incarnation parodique de la présidence de la République française et prenait un traditionnel bain de foule lors de chaque édition du Festival de Quend et du Fifigrot.

Projections de courts et longs inédits, documentaires, sélections thématiques, expositions, performances, concerts, rencontres littéraires sont comme à l’accoutumée au menu du Fifigrot ! Pour cette passionnante et foisonnante édition, le septième jury chargé de remettre l’Amphore d’or du film le plus grolandais pioché dans la compétition sera présidé par le chorégraphe Philippe Decouflé – Christophe Salengro fut à maintes reprises l’interprète de ses créations. Ce dernier sera en fort belle compagnie puisque entouré notamment de l’actrice Andréa Ferréol, du réalisateur Marc Caro, de la dessinatrice Isa, etc. et toujours les indétrônables Jean-Pierre Bouyxou et Noël Godin – membres à vie du Grojury.

Le public est lui aussi invité à décerner son prix parmi ces films «d’esprit grolandais», ainsi qu’un jury constitué d’étudiants de l’École nationale supérieure d’Audiovisuel (Ensav). Parmi les huit longs métrages en compétition, on annonce en avant-première le film de Pierre Salvadori "En liberté", avec Pio Marmai, Adèle Haenel, Audrey Tautou, Vincent Elbaz, "The House that Jack built" de Lars von Trier, avec Matt Dillon, Bruno Ganz, Uma Thurman, "Climax" de Gaspard Noé, etc. Plusieurs ouvrages concourent également pour le «Gro prix de littérature grolandaise». Des rencontres avec leurs auteurs sont organisées à cette occasion dans divers lieux de la Ville rose.

Pour ouvrir les festivités, on attend avec impatience l’avant-première de "I Feel Good" (photo), de Gustave Kervern et Benoît Delépine, avec Jean Dujardin et Yolande Moreau dans le rôle d’une responsable de communauté Emmaüs. Alors que son dernier long "Jahilya" est en compétition, Hicham Lasri présentera ses précédents films, carte blanche a été donnée au réalisateur Yann Gonzalez ("Un couteau dans le cœur"), et Luc Moulet est invité à l’Ensav à l’occasion de la projection de ses films. Une soirée sera dédiée à l’art de la pétomanie, et une autre permettra de revoir "la Grande bouffe" de Marco Ferreri.

Outre les traditionnelles sections Grol’art ou Groz’ical, plusieurs thématiques seront abordées : «Histoire(s) de famille» déclinera la folie à l’échelle familiale ("Roar", "Leolo", "Festen") ; «Bête et méchant» invite le photographe Arnaud Baumann et l’écrivain Pacôme Thiellement ; «Érotisme bavarois et helvétique» invite la performeuse Helena Patricio et l’écrivain Michel Froidevaux pour célébrer les trente ans des éditions HumuS ; «La révolte des poupées» propose notamment la projection de courts métrages de Walerian Borowczyk et des frères Quay ; «La banalyse» reviendra sur ce mouvement critique et expérimental créé au début des années quatre-vingt, et sera l’occasion d’inviter Yves Le Pestipon à propos de ses travaux portant sur la place Pinel à Toulouse, etc.

Toujours en partenariat avec le collectif Culture Bar Bars, les ciné-bistrots et des concerts gratuits sont proposés cette année dans une multitude de troquets : l’Esquile, le Taquin, le Communard, le Txus, la Mécanique des Fluides, le Dada, le Filochard, le Moloko, le Communard, The Petit London, le Café Ginette, l’Autruche, etc. Surtout, Le grovillage installé dans la cour de l’Ensav accueillera chaque soir moult animations grolandaises et autres concerts gratuits de musique «profondément barrée et décalée». Enfin, le port Viguerie servira de cadre au fameux Groconcert lors de la soirée du samedi 22 septembre. Bienvenue au Groland !

Jérôme Gac

Fifigrot, du 14 au 23 septembre, à Toulouse et hors les murs ;

Grovillage, à l’Ensav
, 56, rue du Taur, Toulouse.

mardi 5 septembre 2017

Groland is in the air


















La sixième édition du Festival international du Film grolandais de Toulouse célèbre Kenneth Anger et invite Alain Guiraudie, Xavier Seron, Pierre Salvadori, etc.


Projections de courts et longs inédits, documentaires, rétrospectives, performances, concerts, rencontres littéraires sont au menu du Festival international du Film grolandais de Toulouse ! Pour cette passionnante et foisonnante édition, le sixième jury chargé de remettre l’Amphore d’or du film le plus grolandais pioché dans la compétition sera présidé par l’excellent cinéaste Pierre Salvadori. Ce dernier sera en belle compagnie puisque entouré notamment de l’acteur Daniel Prévost, des humoristes Blanche Gardin et Stéphane Guillon, de l’écrivain Jean-Hugues Oppel, etc. et toujours les indétrônables Jean-Pierre Bouyxou et Noël Godin - membres à vie du jury. Le public est lui aussi invité à décerner son prix parmi ces films «d’esprit grolandais», ainsi qu’un jury constitué d’étudiants de l’École supérieure d’Audiovisuel (Esav). 


Plusieurs ouvrages concourent également pour le Gro prix de littérature grolandaise, dont un "Manuel à l’usage des femmes de ménage", un ouvrage collectif intitulé "les Homophobes sont-ils des enculés ?", un recueil de textes parus dans la presse signés Jean-Bernard Pouy, ou encore 132 chroniques de Christophe Bier pour France Culture regroupées dans "Obsessions"… Pour l’occasion, des rencontres avec les auteurs sont organisées à la Cave Poésie, à Ombres Blanches et à la librairie du Grand Selve.


Parmi la centaine de projections annoncée à Toulouse et au-delà, Fifigrot célèbre cette année le quatre-vingt-dixième anniversaire de Kenneth Anger, cinéaste culte underground. Rassemblées sous le titre "Magick Lantern Cycle", ses œuvres les plus connues seront visibles à la Chapelle des Carmélites, tout comme son ésotérique "Inauguration of the Pleasure Dome" projeté en format 16 mm d’origine et accompagné de performances. Alors que les courts métrages insensés de David Lynch seront à l’affiche de l’American Cosmograph, son premier long, "Eraserhead", le sera au Cratère. On retrouvera l’indispensable Alain Guiraudie venu présenter ses deux moyens métrages et son premier long, on reverra trois films du Suédois Roy Anderson et ceux de l’Américain Harmony Korine. Le réalisateur Belge Xavier Seron sera à l’honneur le temps d’une longue soirée de projections au Gaumont Wilson. 


Au lendemain de la projection à l’American Cosmograph du film d’ouverture en avant-première, "The Square" (photo) du Suédois Ruben Östlund palmé à Cannes, les fans de la drive-in attitude sont attendus sur le parking de Mix’Art Myrys pour apprécier le délirant "Hamburger Film Sandwich", de John Landis, accompagné d’une sélection de courts-métrages, de performances, concerts, etc. Un hommage sera rendu au mouvement Panique - né dans les années 1960 autour d’esprits libres et transgressifs - avec des films de Fernando Arrabal ou Alejandro Jodorowsky, et une exposition dédiée à Roland Topor aux Abattoirs. Le musée accueille également l’Américain Mother Fakir venu exhiber la dernière version déchirante de sa performance "Karrosserie", où se mêlent le métal, la chair percée, la vidéo et les son mixés dans un rituel tranchant. Au Théâtre Garonne, on s’immergera dans les 52 épisodes du "Dispositif" monumental de Pacôme Thiellement et Thomas Bertay.


La sélection Gro’Z’ical propose cette année une plongée dans le Berlin-Ouest de l’après punk, autour des Geniale Dilletanten («dilettantes géniaux»). Une exposition au Goethe Institut racontera comment ce mouvement artistique et alternatif des années quatre-vingt a opéré une rupture brute avec les conventions de l’époque, fondant des labels, des magazines et boîtes autonomes pour célébrer une liberté créatrice sans règles. Signalons une carte blanche confiée aux Québécois du Festival du Nouveau Cinéma de Montréal, et les traditionnelles sections Made In Ici, Jeune Public, Gro Guest, etc. 


Toujours en partenariat avec le collectif Culture Bar Bars, les ciné-bistrots s’installent cette année dans une douzaine de troquets : l’Esquile, le Taquin, Le Chat Noir, le Nasdrovia, le Txus, La Mécanique des Fluides, L’Impro, Le Moloko, Le Communard, Le P’tit London, Le Petit Vasco, L’Autruche. Surtout, le grovillage installé dans la cour de l’Esav accueillera chaque soir moult animations grolandaises et autres concerts gratuits. Et en clôture des festivités, des concerts se déploieront le 23 septembre autour du musée des Abattoirs. Banzai !


Jérôme Gac



Fifigrot, du 15 au 24 septembre, à Toulouse ;
Grovillage, de 12h00 à 22h00, à l’Esav,
56, rue du Taur, Toulouse.


vendredi 14 octobre 2016

Le clown





















Pierre Étaix s'est éteint à l'âge de 87 ans, le 14 octobre 2016. Le mois dernier, il avait annulé sa venue à Toulouse où il devait participer au Festival international du Film grolandais qui lui rendait hommage à la Cinémathèque de Toulouse. Retour sur le parcours d’un artiste atypique aux multiples talents.

Ses films sont longtemps restés invisibles en raison d’un imbroglio juridique de vingt ans. Une fois le litige résolu, Pierre Étaix est venu présenter en 2011 l’intégrale de son œuvre à la Cinémathèque de Toulouse. On devait le retrouver en septembre dernier dans la Ville rose, à l’invitation du Fifigrot. Souffrant, il avait finalement annulé sa participation au Festival international du Film grolandais de Toulouse qui lui a rendu un heureux hommage en forme de carte blanche, avec la projection de ses deux premiers courts métrages ainsi que "Pays de Cocagne". Il s'est éteint le 14 octobre, à l'âge de 87 ans.


Artiste atypique aux multiples talents, Pierre Étaix avait débuté sur les scènes de cabarets et de music-halls parisiens: «Au music-hall, je faisais mon numéro avec une moustache, une veste trop grande, un pantalon en accordéon, jusqu'au jour où un directeur de cabaret m'a fait remarquer que je serais beaucoup plus drôle en smoking, comme Tino Rossi. Ce fut le déclic ! Un type en habit qui perd son bouton ou cherche à cacher une imperfection vestimentaire fait beaucoup plus rire qu'un type vêtu comme vous et moi et dont la manche de chemise est trop longue.»(1) Pierre Étaix s'est inspiré du slapstick, l'école du burlesque muet américain dont les virtuoses furent Buster Keaton, Harold Lloyd, Charlie Chaplin et Laurel et Hardy. 

Il a collaboré avec Jacques Tati pour "Mon oncle", une expérience qui débouchait au début des années soixante sur la réalisation de deux courts métrages : "Rupture" (photo) et "Heureux anniversaire". Le second remportera l'Oscar alors que son premier long - dont il est également l'interprète - était déjà tourné. "Le Soupirant" et les quatre films qui suivront sont cosignés avec Jean-Claude Carrière. Entamée avec les courts métrages, cette collaboration de dix ans avec le scénariste de Luis Buñuel accouchera d'un cinéma peu dialogué qui enchaîne les gags visuels soigneusement élaborés à la manière d'un artisan.

Doué pour le dessin, Pierre Étaix confessait à propos de ce talent: «Ce que j'ai appris sur le rythme des couleurs, des lignes, l'équilibre des noirs et blancs, le souci du cadre, a influencé tout ce que j'ai fait au cinéma. Et d'ailleurs, sur le plateau, mes croquis de personnages, des costumes, des décors, valaient mieux qu'un long discours.»(1) Yoyo, son personnage fétiche, est né d’un dessin avant de devenir ce clown arpentant les chapiteaux de cirque dans toute l’Europe durant les années soixante. Pour le grand écran, il réalisera "Yoyo" en 1965, multipliant les clins d'œil à ses maîtres du muet et rendant hommage au cirque sous les traits d’un Max Linder itinérant. 


Face à la modernité galopante du monde, une certaine nostalgie irradie l'univers de Pierre Étaix, notamment dans "Tant qu'on a la santé" et "le Grand Amour", à la fin des années soixante. Dans "Pays de cocagne", documentaire filmé sur les plages, son personnage lunaire disparaît de l'écran au bénéfice d'un portrait sans concession de la France en vacances. L'accueil est si glacial en 1970 que sa carrière de réalisateur s’interrompt. «Etre comique, c'est suspect ! Nous représentons un art mineur, méprisé ! Lorsqu'il s'agit de tourner un film dramatique, ou un film d'action, on déploie des moyens exceptionnels, on trouve normal de mobiliser des gens de qualité, des spécialistes des effets spéciaux, des cascadeurs... Lorsqu'il s'agit d'un film comique, c'est toujours trop cher, c'est de la folie ! On ne rencontre que des casseurs d'enthousiasme !»(1), confessera Pierre Étaix.

Il poursuivra ses activités au théâtre et à la télévision, et créera l’École nationale de Cirque avec sa femme Annie Fratellini. Retraçant son parcours protéiforme sous la forme d’un abécédaire, il venait de publier un ouvrage, "C’est ça Pierre Étaix"(2), où se télescopent ses dessins, ses affiches, ses jeux de mots, etc. 

Jérôme Gac
"Rupture" © Carlotta Films
 

(1) Le Monde (04/07/2010)
(2)
Séguier (2015)
 

samedi 10 septembre 2016

Jours de fête à Groland
















La cinquième édition du Festival international du Film grolandais de Toulouse invite Pierre Étaix et Lou Castel, rend hommage aux Branquignols, à Cavanna, Choron, Siné, Honoré, Tignous, Pierre Molinier...
 

Projections de courts et longs inédits, rétrospectives, concerts, expositions et rencontres littéraires sont au menu du Festival international du Film grolandais de Toulouse ! Pour cette cinquième édition du Fifigrot, le jury chargé de remettre les Amphores parmi les films inédits de la compétition sera présidé par Pierre Étaix. Ce dernier sera en excellente compagnie puisque entouré notamment de l’actrice et réalisatrice Yolande Moreau, du jeune acteur Vincent Lacoste, de l’humoriste Jules Édouard Moustic, de l’écrivain Jean-Bernard Pouy… Le public est lui aussi invité à décerner son prix parmi ces films «d’esprit grolandais». Plusieurs livres concourent également pour le prix de l’Amphore littéraire récompensant l’ouvrage le plus grolandais.
 

Des hommages seront rendus à l’acteur Lou Castel – en sa présence – ou encore à Cavanna, Choron, Siné et Honoré. On reverra avec plaisir les films des Branquignols, de Pierre Étaix, du Danois Anders-Thomas Jensen, etc. Une exposition dédiée au dessinateur Tignous sera installée à l’ABC. La Cinémathèque de Toulouse projettera un programme de films célébrant l’artiste Pierre Molinier, lequel sera exposé dans le cadre intimiste de la Chapelle des Carmélites.

Trois Grosses soirées sont annoncées en ville : mercredi, le Connexion affiche le meilleur de la musique grolandaise ; vendredi, la censure au cinéma est au programme d’une table ronde suivie de projections à Mix’Art Myrys, avant de faire place à des concerts. Enfin, la traditionnelle parade sera menée cette année par deux candidats prétendants au trône présidentiel : François Groland et Nanosarko sont attendus pour un bain de foule le samedi après-midi, de la place du Capitole à Saint-Sernin. Le défilé précèdera une soirée de concerts et de projections organisée place Saint-Sernin.
 

En clôture de ces réjouissances grolandaises, on verra "Gimme Danger" (photo), documentaire de Jim Jarmusch retraçant l’itinéraire des Stooges, le groupe de rock d’où émergea Iggy Pop. Au terme de la cérémonie d’ouverture, les organisateurs annoncent en avant-première un film surprise relatif à la question canine. L’œuvre est signée par l’un des grands noms du cinéma indépendant américain, lequel vient de déclarer lors d’un récent séjour en France : «Les gens avec qui je sens une connexion sont George Kuchar, Andy Warhol et John Waters. Selon moi, il n’y a pas plus indépendants qu’eux»!
 

Chaque soir, le grovillage installé dans la cour de l’Esav accueillera moult animations grolandaises et autres concerts gratuits. Partenaire du festival, le Collectif Culture Bar Bars promet de son côté tout au long de la semaine une programmation de concerts ou de projections dans une douzaine de bistrots.
 

Jérôme Gac
 

Fifigrot, du 19 au 25 septembre.

Grovillage, à partir de 18h30, à l’Esav
,
56, rue du Taur, Toulouse.