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jeudi 9 octobre 2025

L’Illusionniste


Accompagnant l’exposition qui lui est consacrée, la Cinémathèque française présente une rétrospective des films réalisés par Orson Welles, ainsi qu’une sélection de ses performances d’acteurs et des films disparates jalonnant une carrière éclatée.

«Welles fut toujours "entre". Entre théâtre et cinéma, héros et traître, Amérique et Europe, vérités et mensonges, prince et pitre, légende dorée et rivalité triviale. C’était dans sa nature, c’était "his character" (…)»(1), écrivait Serge Daney dans Libération à la mort d’Orson Welles, en octobre 1985. Homme de théâtre, Welles se fit connaître en montant Shakespeare, tout en adaptant des romans et des pièces pour la radio à la fin des années trente. Le 30 octobre 1938, sa version radiophonique de "la Guerre des mondes", d’après H. G. Wells, provoqua une véritable panique aux États-Unis: suicides, fuites, pillages et accidents se poursuivirent toute la nuit. Les auditeurs qui avaient raté le début de l’émission crurent, en cette veille d’Halloween, à une invasion massive de Martiens. Deux ans avant le tournage de "Citizen Kane", son premier film, Orson Welles venait de déclencher une tempête d’hystérie collective en fabriquant de faux bulletins d’informations annonçant l’arrivée sur la Terre de soucoupes volantes.

Jean-Pierre Coursodon et Bertrand Tavernier notent: «Les biographes de Welles confirment l’image d’une vie dominée par le chaos, mais un chaos voulu, ou à tout le moins encouragé, par sa victime qui semblait dans son élément au sein de ce tourbillon permanent et s’en servait peut-être comme d’un écran protecteur. Ce goût de la confusion se reflète d’ailleurs partout dans son œuvre, qui, dans un sens, représente un effort pour donner une forme esthétique au chaos. Qu’on songe au nombre de scènes – et elles comptent parmi les plus mémorables de Welles – dominées par l’agitation, le désordre, la multiplicité de personnages gesticulant et parlant tous ensemble». Pour les deux auteurs, «surabondance et désordre sont deux des constantes majeures de l’œuvre de Welles comme de sa vie(2)

Directeur de la Cinémathèque française, Frédéric Bonnaud note: «Orson Welles est le premier à avoir affirmé – et de quelle façon ! –, la subjectivité souveraine de l'auteur de films, l'absolu primat de sa vision d'artiste, sur les recettes éprouvées de l'industrie du spectacle comme sur les habitudes paresseuses de ses clients. [...] Embauché par Hollywood comme créateur d'événements après ses exploits martiens, Welles tint parole et la montagne n'accoucha pas d'une souris, c'est le moins qu'on puisse dire: un éléphant dans la pièce. Mais il n'était pas censé remettre en cause aussi ouvertement le médium lui-même: faire du cinéma un instrument de pensée, enfin, et un moyen d'expression aussi libre et subjectif que les autres, rien que cela, pour la première fois de façon aussi ouverte et délibérée, flamboyante, en un mot.»(3)

La filmographie d’Orson Welles s’est construite au fil de heurts permanents avec les studios: films remontés par les producteurs, tournages abandonnés et projets avortés fautes de soutiens financiers. Génie fertile mais maltraité, il s’est taillé une réputation de cinéaste maudit, faisant l’acteur chez les autres pour boucler le budget de films que Hollywood s’entêtait à lui refuser. Outre l’intégralité de ses films achevés, la Cinémathèque française projette des essais et films inachevés ou mutilés, des bandes annonces ou spectacles de magie, et quelques-unes de ses apparitions chez d’autres cinéastes.

Coursodon et Tavernier précisent: «L’accumulation d’objets hétéroclites qui apparaît dès son premier film, dans une de ses séquences les plus célèbres, est comme une métaphore de l’accumulation de projets disparates dont sa carrière est encombrée. Il reviendra avec délectation à ce genre d’images: les énormes caisses sur le quai au début de "Mr. Arkadin" font écho à celles de la fin de "Citizen Kane" ; dans "le Procès", la caméra exécute de longs travellings entre des rangées d’étagères où sont entassés des centaines de dossiers volumineux, d’énormes piles de documents».

Accueilli en Europe, Orson Welles y achève sa trilogie shakespearienne ("Falstaff", 1965), puis tourne en France "le Procès" (1963), "Une histoire immortelle" (1966) et "Vérités et mensonges" (1973). Dans ce dernier film, il cite Pablo Picasso proclamant que «l’art est un mensonge, mais ce mensonge nous fait comprendre la vérité». Il y dresse le portrait de trois faussaires dans un faux documentaire célébrant le cinéma comme art de l’illusion. Soit un véritable précipité de l’œuvre d’Orson Welles, cinéaste surdoué qui cultivait une passion folle pour la magie.

Pour Frédéric Bonnaud, «cinéaste de la tension permanente et de l'extension des possibles, cet intellectuel en cinéma aura proposé rien de moins qu'une complète réinvention du spectacle cinématographique, moins fait du couple traditionnel action/identification au profit de la participation accrue d'un spectateur plus émancipé que jamais mais plus sûr de grand-chose.»(3)

Jérôme Gac
"La Dame de Shanghai" © La Cinémathèque française

(1) "Ciné journal", Cahiers du Cinéma (1986)
(2) "50 ans de cinéma américain", Omnibus (1995)
(3) cinematheque.fr (15/07/2025)


Rétrospective du 8 octobre au 29 novembre, à la Cinémathèque française.

Exposition «My name is Orson Welles», jusqu'au 11 janvier, à la Cinémathèque française, 51, rue de Bercy, Paris.


dimanche 3 avril 2022

La beauté du désespoir


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le cinéaste hongrois Béla Tarr fait l'objet d'une rétrospective la Cinémathèque de Toulouse.

Les réalisateurs Gus Van Sant, Jim Jarmusch et Guy Maddin, l'essayiste Susan Sontag ou encore l'actrice Tilda Swinton le considèrent comme l'un des grands cinéastes de notre époque. Il a mis un point final à sa filmographie en 2010 avec "le Cheval de Turin" (photo), qui a reçu l’Ours d'argent au Festival de Berlin. Parmi ses œuvres marquantes, "le Nid familial", son premier film tourné en 1977, est l’évocation des problèmes sociaux de la Hongrie de son époque dans un style presque documentaire. Dix ans plus tard, "Damnation" aborde la décrépitude morale en usant de travellings dignes de Tarkovski ; En 2000, il signe "les Harmonies Werckmeister", joyau noir flirtant avec le fantastique. 

En dix longs métrages, quatre courts métrages et une fiction pour la télévision, Béla Tarr a façonné une œuvre radicale et visionnaire, à la beauté formelle fascinante. Il est le cinéaste d’un temps réinventé, un orfèvre perpétuellement traversé par la question de la condition humaine, un chercheur invétéré des fondements du monde. Ses films sont à l’affiche de la Cinémathèque de Toulouse, où une rétrospective lui est consacrée ce mois-ci. Né à Pecs en 1955, d’abord ouvrier de la réparation navale, Béla Tarr sort diplômé de l’École supérieure du Théâtre et du Cinéma de Budapest. Il débute sa carrière par une trilogie sociale fortement influencée par le cinéma direct et le travail du Studio Béla Balazs, dont il fait un temps partie : "Nid Familial", "l’Outsider" et "Rapports préfabriqués" composent ainsi une vision percutante de la réalité socialiste.

En 1982, son adaptation de "Macbeth", de William Shakespeare, pour la télévision n’est composée que de deux plans, pour une durée de soixante-sept minutes. Le cinéaste brille ensuite par l’élégance de sa mise en scène avec une seconde trilogie, écrite avec l’aide du romancier hongrois Laszlo Krasznahorkai, constituée de "Damnation" (1987), du film fleuve "le Tango de Satan" (1994) et des "Harmonies Werckmeister". Maîtrise du plan séquence, composition d’un noir et blanc magique et captivant, refus de la prédominance de la narration, le cinéma de Béla Tarr pénètre la beauté du monde avec une fulgurance empreinte d’ironie. En 2007, on retrouve dans "l’Homme de Londres", réalisé à partir d’une œuvre de Simenon, ce même désespoir incandescent.

Comme l’écrit Émile Breton, «on ne peut pas dire que les films de Béla Tarr, du "Nid familial" et ceux qui le suivirent, situés sous le socialisme, aux "Tango de Satan" et "les Harmonies Werckmeister" postérieurs à sa chute, fassent preuve d’un optimisme excessif quant à l’avenir de l’humanité. Reste pourtant ceci: tous, quels qu’ils soient, procèdent d’une telle jubilation dans l’invention d’une écriture à la hauteur de leur sujet profond, qu’il y a toujours de l’allégresse à les voir ou les revoir, l’impression qu’ils ont été tournés dans la joie.»(1)

Jérôme Gac
 

(1) Revue Cinéma n° 3 (septembre 2002)
 

Rétrospective, du 5 au 30 avril ;
Conférence par Corinne Maury, jeudi 21 avril, 19h00 (entrée libre).

À la Cinémathèque de Toulouse, 69, rue du Taur, Toulouse. Tél. 05 62 30 30 10.

 

mercredi 11 octobre 2017

Jardinier des marges
















La Cinémathèque de Toulouse projette six films de Derek Jarman, cinéaste anglais disparu en 1994.

Plasticien, Derek Jarman signe plusieurs courts expérimentaux en super 8, avant de se faire remarquer en 1975 avec le solaire et rugueux "Sebastiane", son premier long tourné entièrement en latin, une splendide célébration du martyre de Saint Sébastien en icône homoérotique. Suivront encore des courts, mais aussi des spots publicitaires, des vidéos clips (Marianne Faithfull, The Smiths, Pet Shop Boys, Patti Smith) et dix autres longs métrages. Dans la foulée du premier, il tourne "Jubilee", errance extravagante au cœur du mouvement punk londonien. Entre pur classicisme, esthétique contemporaine et manifeste politique, son incontournable trilogie élisabéthaine débute en 1980 avec "The Tempest", se poursuit avec "The Angelic Conversation" - deux adaptations shakespeariennes - avant de s’achever en 1991 avec "Edward II", d’après Christopher Marlowe. 


En 1986, le fameux et somptueux biopic "Caravaggio" (photo) marque sa première collaboration avec Tilda Swinton qui deviendra sa muse, puis sa veine underground s'affirme l’année suivante dans "The Last of England", évocation expérimentale et subversive du déclin de l’empire britannique. En 1989, "War Requiem" sublime la célèbre partition de Benjamin Britten, alors que le plus classique "Wittgenstein" s’intéresse à des épisodes de la vie du philosophe autrichien qui idolâtrait Carmen Miranda. Son dernier film, "Blue", coïncide avec la publication de son ouvrage "Chroma". Entre deux poèmes et des morceaux de musique, sur un écran irradié de bleu de bout en bout, il y livre sa vie quotidienne avec le virus du sida qui l’a rendu aveugle. 


Jarman meurt en 1994, juste avant que l’âge légal des relations homosexuelles en Grande Bretagne ne soit abaissé à 18 ans. Activiste, en lutte contre la politique de Margaret Thatcher, il avait notamment milité pour aligner cet âge légal avec celui en vigueur pour les hétéros, soit 16 ans. Derek Jarman était aussi jardinier : il avait choisi un parterre de galet proche de la mer, dans le Kent, pour y faire pousser ses plantes près d’une centrale nucléaire - «le paradis d’un ange moqueur, avec vue sur l’apocalypse»(1), écrivait Gérard Lefort. Toujours insaisissable, il cultivait l’art de l’anachronisme dans ses films d’époque et s’appliquait à relier des univers esthétiques à des contextes inattendus (des punks à Buckingham Palace, des militants gays à la cour d’Edward II). 


Poète des marges, esthète en colère, il laisse des visions baroques à la gloire des corps. Pour le journaliste Gérard Lefort, «à regarder le ciné-Jarman on songe souvent aux splendeurs du muet, au cinéma primitif, à celui de Méliès. […] Le cinéma de Jarman est comme une fiole de poppers sous nos narines endormies. À respirer à fond, avec les effets afférents dénombrés par l’impeccable Tilda Swinton : “Le foutoir, l’argot, la musique de Simon Fisher Turner, les vrais visages, l’intellectualisme, la mauvaise humeur, la bonne humeur, l’insolence, les normes, l’anarchie, le romantisme, le classicisme, l’optimisme, l’activisme, la jubilation, l’orgueil, la résistance, l’esprit, la lutte, les couleurs, la grâce, la passion, la beauté”.»(1)


Jérôme Gac


(1) Libération (26/03/2008)


Rétrospective, du 11 au 27 octobre, à la Cinémathèque de Toulouse,
69, rue du Taur, Toulouse. Tél. : 05 62 30 30 11.


Et aussi : "Chroma", mise en scène de Bruno Geslin,
du mercredi 11 au jeudi 12 octobre, 20h00, au Théâtre Sorano
,
35, allées Jules-Guesde, Toulouse. Tél. : 05 32 09 32 35.


vendredi 27 janvier 2017

L’humaniste




















La Cinémathèque de Toulouse affiche une rétrospective dédiée au cinéaste japonais Akira Kurosawa.

Après la signature de la paix entre les États-Unis et le Japon, en 1951, les films japonais s’imposent aussitôt dans les festivals européens. L’Europe découvre une cinématographie jusque-là inconnue lorsque "Rashômon", d’Akira Kurosawa, obtient le Lion d’or à Venise cette année-là, propulsant le cinéaste en fer de lance du cinéma japonais. Né en 1910, celui-ci venait alors de réaliser "l'Ange ivre" (1948) - confrontation d’un médecin alcoolique et d’un jeune homme refusant de traiter sa tuberculose - qui marque sa rencontre avec son acteur fétiche Toshiro Mifune, avec lequel il totalisera seize collaborations.

Entre film noir américain et expressionnisme européen, "l'Ange ivre" est un grand succès à sa sortie au Japon et lance la carrière du cinéaste et celle de l’acteur. Ils se retrouvent l’année suivante dans "Chien enragé", errance d’un policier en quête de son pistolet de service dérobé par un pickpocket. Mifune y partage encore l’affiche avec Takashi Shimura, l’autre acteur fétiche de Kurosawa. Deux œuvres dont le style est caractéristique des films qu’il signe durant cette période, où la fièvre du réalisme urbain se mêle à un humanisme fertilisé sur les ravages causés par la guerre.


Se détournant des studios de l’époque, Kurosawa s’est libéré des conventions en créant sa société de production. S’il s’emploie à restituer les mutations de la société japonaise de sont temps, il sera surtout célébré pour ses films historiques. Mais le cinéma de Kurosawa est toujours traversé par un humanisme triomphant qui ne cesse de s’approfondir au fil des années. En 1975, "Dersou Ouzala" (photo) - Oscar du film étranger - décrit ainsi une amitié transgénérationnelle avec pour décor les splendeurs de la taïga soviétique. Toujours au plus près de ses personnages, le cinéaste atteint l’universel tout au long d’une filmographie s’étalant, dès 1943, sur cinquante années d’activité.

Influencé par la culture occidentale, il réalise en 1951 "l’Idiot", d’après Dostoïevski, et signe en 1957 deux adaptations de classiques européens : "les Bas-fonds" d’après la pièce de Gorki, et "le Château de l’araignée" d’après "Macbeth", de Shakespeare - il se serait également inspiré d"Hamlet" en 1960, pour "les Salauds dorment en paix". Après avoir obtenu la Palme d’or à Cannes pour "Kagemusha", il livre en 1985 "Ran", une transposition du "Roi Lear" dans le Japon du XVIe siècle. À 73 ans, soit l’âge du Roi Lear, il est alors au sommet de son art.

Adulé par de nombreux artistes, Kurosawa voit ses chefs-d’œuvre recyclés en Occident: "Les Sept samouraïs" (1954) et "Yojimbo" (1961) deviennent "les Sept mercenaires" en 1960 et "Pour une poignée de dollars" en 1964. Dix-neuf ans après la disparition du maître japonais, vingt-quatre de ses films sont projetés cet hiver à la Cinémathèque de Toulouse.


Jérôme Gac


Du 27 janvier au 15 mars, à la Cinémathèque de Toulouse,
69, rue du Taur, Toulouse. Tél. : 05 62 30 30 11.


jeudi 24 janvier 2013

Kurosawa mon amour
















Le cycle «Japon années 50, l'âge d'or» affiche vingt films des maîtres du cinéma japonais à la Cinémathèque de Toulouse.
 

Les grands studios japonais ont connu leur âge d’or durant les années cinquante, comme à Hollywood. La Cinémathèque de Toulouse projette une sélection de vingt films des grands maîtres qui ont construit cet apogée du classicisme japonais. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’industrie nippone du cinéma est ralentie par la destruction des infrastructures et par l’épuration des patrons de trusts. La médiocrité des films s’abat sur la production locale et la censure américaine s’organise au service de la démocratie. Les écrans sont inondés de films américains. Alors que la reconstruction et la relance de l’économie annoncent l’aube d’une nouvelle décennie, les films européens s’imposent sur les écrans: les cinéastes japonais seront durablement imprégnés des cinématographies anglaise, française et italienne.

En 1951, la signature de la paix entre les États-Unis et le Japon débouche, à partir de 1952, sur la fin de l’occupation américaine. Les studios s’imposent aussitôt dans les festivals européens : "Rashômon" d’Akira Kurosawa obtient le Lion d’or à Venise, Kenji Mizoguchi reçoit l’année suivante, en 1952, le Lion d’argent pour "la Vie d’Oharu, femme galante", et "la Porte de l’enfer" de Teinosuke Kinugasa est couronné du Grand Prix du Festival de Cannes en 1954. Et l’Europe découvre une cinématographie jusque-là inconnue. Les films étrangers sont moins nombreux dans les salles japonaises et, dans le même temps, les films s’exportent en Occident où la cinéphilie s’emballe jusqu’à la fascination. Des cinéastes occidentaux recyclent les chefs-d’œuvre nippons: "Les Sept samouraïs" et "Yojimbo" de Kurosawa deviennent "les Sept mercenaires" et "Pour une poignée de dollars", "la Vie d’Oharu" inspire Jacques Rivette pour "la Religieuse"…


Kurosawa signe un film par an durant cette décennie, dont deux adaptations de classiques européens: "Le Château de l’araignée", d’après "Macbeth" de William Shakespeare, et "Les Bas-fonds" d’après la pièce de Maxime Gorki. Peintre sensible de la famille agitée par les conflits de générations, Yasujiro Ozu termine sa carrière au début des années soixante. Il attendra 1958 pour tourner son premier film en couleur, "Fleur d’équinoxe" (photo), où les mœurs de la modernité se heurtent au poids des traditions familiales. 

Kenji Mizoguchi meurt en 1956, laissant derrière lui de multiples portraits de femmes tissés de plans séquences inondés de pure poésie. Mikio Naruse adapte de grandes œuvres de la littérature japonaises, filme le déchirement des couples et les drames familiaux sur fond de mutations sociales. Son regard pessimiste sublime les personnages de femmes émancipées. Cinéaste toujours méconnu mais prisé des festivals, Kon Ichikawa a débuté sa carrière en 1946 avant de signer ses chefs-d’œuvre humanistes sur la défaite de l’armée nippone à la fin de Seconde Guerre mondiale : "la Harpe de Birmanie" (1956) et "Feux dans la plaine" (1959).
 

Jérôme Gac
 

«Japon années 50, l'âge d'or», du 26 janvier au 28 février ;
Rencontre avec l'acteur Yoshi Oida, mercredi 20 février, 19h30.

La Cinémathèque de Toulouse, 69, rue du Taur, Toulouse. Tél. 05 62 30 30 11.