vendredi 17 mai 2019

Les années Art déco
















À Toulouse, le pianiste Michel Lehmann accompagne au Théâtre du Capitole la projection de "l’Inhumaine", de Marcel L’Herbier.

Dans "l’Inhumaine", Marcel L’Herbier dresse le portrait d’une cantatrice admirée par de nombreux prétendants. Adulée de tous, elle ne vit que pour son art, et son insensibilité est telle qu’elle est surnommée «l’Inhumaine». Un jeune savant éconduit met au point un stratagème pour lui faire prendre conscience de son attitude. Entrepris en 1923, sur un scénario de Pierre Mac Orlan à la suite d’une proposition de la cantatrice Georgette Leblanc, le cinéaste français s’était entouré des avant-gardes de l’époque pour livrer un film Art déco unique en son genre : décors somptueux de l’architecte Robert Mallet-Stevens, du peintre cubiste Fernand Léger, d’Alberto Cavalcanti, de Pierre Chareau et de Claude Autant-Lara, costumes du couturier Paul Poiret. Quant aux scènes de concerts, elles ont été tournées au Théâtre des Champs-Élysées, temple de l’Art déco et de toutes les avant-gardes. La sortie du film en salle, à la fin de l’année 1924, précède alors l’exposition des arts décoratifs qui se tiendra à Paris l’année suivante.

Si "l’Inhumaine" met en valeur les nouvelles tendances artistiques françaises de son époque, il s’impose rétrospectivement comme une mise en pratique des théories de Canudo sur le cinéma comme synthèse des arts. Aujourd’hui perdue, la musique de deux scènes clés du film était signée Darius Milhaud, lequel s’inspirera de ces partitions pour écrire son Concerto pour batterie et petit orchestre opus 109. En partenariat avec la Cinémathèque de Toulouse, le pianiste Michel Lehmann accompagnera au piano la projection du film sur la scène du Théâtre du Capitole.

Jérôme Gac

Samedi 26 janvier, 20h00, au Théâtre du Capitole,
place du Capitole, Toulouse. Tél. 05 61 63 13 13.

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